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Quartier TSF : LA FIN FORCEE D’UN LITIGE FONCIER VIEUX DE 9 ANS ?

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Sous la protection de la police, le site revendiqué par des maraichers, a été morcelé et les nouveaux propriétaires des lieux ont implanté les fondations de leur maison

 

Les maraîchers du quartier TSF sont en passe de perdre la propriété de la parcelle communément appelée "sans fil courouba". Cet espace est au centre d'un litige qui dure depuis 9 ans. Drissa Coulibaly, le porte-parole de la coopérative des maraîchers, rappelle que la parcelle était une propriété de l'Office des postes et télécommunications (OPT), qui l'a cédée à ses travailleurs qui y cultivaient des céréales sèches.
"Nos parents ont eu à exploiter cette parcelle bien avant les années 60 et nos fils et petits-fils continuent jusqu'à ce jour à l'utiliser pour les besoins de maraîchage afin de subvenir aux besoins de nos familles", souligne le représentant des 61 maraîchers qui exploitaient les 22 hectares. Pour éviter les incursions extérieures, le service des postes et télécommunications entreprit en 1984 de clôturer la bande de terre. Les maraîchers n'ont pas été inquiétés à ce moment. Mais les problèmes commencèrent à apparaître en 2001 à la faveur de la scission de l'OPT pour donner l'Office national des postes (ONP) et la Société des télécommunications du Mali (Sotelma).
Quelques mois après ce changement, un groupe de topographes est venu morceler le site en 265 lots sur instruction, ont-ils dit, de la Sotelma. "C'était faux, puisqu'après avoir approché la Sotelma, nous avons été surpris d'apprendre que ce service n'avait commis personne pour ce genre de boulot", indique Drissa Coulibaly qui estime qu'à aucun moment les membres de la coopérative "Tiéssiri" n'ont été approchés par qui que ce soit au sujet d'un quelconque morcellement. Pour stopper l'opération de découpage, ils ont multiplié les démarches auprès de la mairie de leur circonscription, du gouvernorat du district et au niveau de différents services de l'administration.
Notre interlocuteur rappelle qu'en 2003, ils ont été reçus par le ministre des Domaines de l'État et des Affaires foncières, Aboubacar Sidiki Touré, qui leur avait promis des lots de compensation sur le même site. Dès que ce dernier a quitté le ministère, le dossier n'a plus bougé. Ce n'est qu'en 2006 que l'affaire a pris une autre ampleur avec le soulèvement des populations du TSF qui réclamaient la même bande de terre pour en faire leur zone de recasement. Dans leur furie, elles ont enlevé toutes les bornes posées par les topographes. Leur colère ne se calma que lorsqu'on leur signifia que la zone de recasement du TSF se trouve à Bougouba.
Les maraîchers ont donc continué à exploiter la parcelle jusqu'au jour où ils ont été approchés par une forte colonie de Maliens résidant en Côte d'Ivoire qui sont venus les supplier de céder les lieux pour qu'ils puissent construire leurs logements. "Nous ne pouvons pas être déguerpis sans dédommagement", ont répondu les exploitants du TSF.
Nos compatriotes de l'extérieur qui sont bénéficiaires de 100 lots sur la portion de terre, s'étaient engagés à rembourser les investissements effectués sur les parcelles par les maraîchers. Ils ont néanmoins jugé trop élevé les 14 millions de Fcfa qu'on leur a réclamé. Les deux parties ont engagé des pourparlers qui n'ont pas abouti car chacune est restée campée sur sa position.
Au mois de mai dernier, des policiers du Groupement mobile de sécurité (GMS) ont pris d'assaut la bande de terre litigieuse, permettant aux géomètres d'en achever le morcellement. Au fur et à mesure que les travaux de découpage avançaient, les nouveaux propriétaires des lieux ont implanté les fondations de leur maison. Durant un mois, jour et nuit, les policiers ont protégé la progression des travaux.
Les maraîchers n'ont pas renoncé à revendiquer la propriété de la parcelle, mais assistent impuissants à la construction des maisons.

S. DOUMBIA

 

Written by :
Aminata Mariko
 
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