NORD-MALI: ANSONGO AUSSI ATTAQUE, TROP C’EST TROP, LE REGIME DES GENERAUX DOIT MAINTENANT S’ASSUMER

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Des hommes armés à bord de 4x4 ont attaqué la localité d’Ansondo, dans la région de Gao. Tous les regards se tournent encore vers bahanga qui, selon des sources bien informées, dément toute implication.

Selon certaines informations, les rebelles se seraient repliés sur  sur Teyrakhane, base historique et mythique de la rébellion tuarègue des années 90.

Le Nord Mali ne se calme pas : d’attaques en attaques, les bandits armés sèment la pagaille partout où ils passent. Après l’attaque surprise, la semaine dernière, sur Diabali et Dogofri (Niono), où ils ont emporté des armes, munitions et vivres, voilà que les insurgés s’attaquent à la ville d’Ansongo avec le même mode opératoire. Récit d’une atmosphère enflammée…

 

Tôt hier matin, Ansongo a été attaquée par des bandits armés. Ici, comme l’ont rapporté les sources, s’il n’y a pas eu de victimes humaines. Il n’en demeure pas moins que la désolation y était au rendez-vous, comme ce fut le cas, la semaine dernière, à Diabaly et Dogofry, pris dans la tourmente des agresseurs. Ansongo a connu une nuit infernale en ce mardi, très tôt, où les assaillants, en petit nombre, dit-on, y ont pris position en bouclant le coin. Selon des témoignages recueillis sur place, c’est aux environ d’une heure 50 minutes, tôt ce mardi, que les insurgés sont entrés dans la ville en s’illustrant par des tirs de harcèlement, comme ils savent le faire, en vue de provoquer confusion et perturbation chez une population qui a du mal à se remettre de l’effet de surprise. D’après les mêmes sources, c’est vers trois heures 55 minutes que les assaillants se sont retirés de la ville assiégée.

L’attaque et le butin

Selon des informations concordantes, le groupe des assaillants était dirigé par le Commandant Malick Ag Wanasnack, jusque-là tout puissant patron de la Division de la sécurité intérieure à Kidal. L’on ignore à bord de combien de véhicules ils sont arrivés pour perpétrer leur attaque. L’on indique par contre qu’ils sont répartis avec environ 4 véhicules. Et selon toute vraisemblance, ils se dirigeraient vers la localité de Taïkarène où se trouve une des plus importantes bases de l’armée malienne dans le Nord depuis la rébellion des années 1990. Pour sa part, comme pour les attaques de Djabaly et Dogofry, le séditieux Bahanga nie avoir un quelconque lien avec les agresseurs d’Ansongo.

La tempête de l’attaque passée, l’heure était au bilan : aucune perte en vie humaine, mais d’importants dégâts matériels ; l’enlèvement d’armes et de munitions du camp de la gendarmerie nationale et de la Garde. Des véhicules, appartenant à une ONG, « PADH », la SATOM, et un appartenant à un particulier, ont été emportés par les insurgés avant leur fuite. Contrairement à des informations recueillies hier, dans la matinée, aucun véhicule appartenant à la santé n’a pu être enlevé par les hommes armés qui ont disparu dans la nature, comme des fantômes, après leur forfait.

Cette nouvelle attaque, survenue dans cette localité, après celle perpétrée, la semaine dernière dans des localités de Ségou, en dit long sur les intentions des bandits armés qui sèment la désolation chez les populations civiles. Après l’attaque de Diabaly et de Dogofry, un renfort militaire a été aussitôt dépêché sur les lieux du sinistre. L’armée, contrainte et forcée, a dû parer au plus pressé. Très loin de là, des mêmes insurgés pointent le nez à Ansongo, où ils réussissent, comme ils l’avaient fait une semaine auparavant, à s’emparer de matériels militaires. Les renforts militaires vont être dépêchés sur les lieux. En attendant, les insurgés feront du chemin dans la vaste région désertique, devenue en si peu de temps une citadelle infranchissable des groupes armés sans foi ni loi qui s’en prennent aujourd’hui aux populations civiles. Et c’est l’éternel recommencement…D’autant qu’ils mettront très facilement le cap pour semer les scènes de désarroi dans une nouvelle localité.

Voilà un peu le mode d’opération de ces bandes armées, depuis l’escalade de la violence en mars dernier : ce 20 mars 2008, à la surprise générale, quelques jours seulement après la libération du dernier groupe des 22 otages militaires, encore en captivité entre les mains de la bande à Bahanga, des assaillants ont violé une trêve de six mois en perpétrant des assauts dans de nombreuses localités du Nord-Mali. Pourtant, à moins de deux semaines de cette attaque surprise, la détente était au rendez-vous entre le gouvernement et la bande à Bahanga grâce à l’intervention du facilitateur libyen, appelé à la rescousse, et dont l’apport a contribué à libérer le dernier groupe des otages. Pour calmer le front des hostilités qui venait de s’ouvrir, les parties ont fait appel au facilitateur libyen pour ramener la paix dans la zone de Kidal.

La paix davantage compromise

Un protocole d’entente est signé dans l’euphorie. Mais le spectre de la violence gratuite perdure dans le Nord. Si les parties, sous l’égide de la Libye, sont d’accord pour calmer le jeu en signant un protocole d’entente, elles ont du mal par ailleurs à s’entendre sur les modalités d’application de ce protocole d’entente. L’échec des négociations de la Libye est donc patent. Comment sauver le processus de paix qui est désormais au point mort ? Le facilitateur traditionnel, l’Algérie, qui est à la base de l’accord d’Alger de juillet 2006, est, lui, mal en point à cause de l’attitude de certains organes de presse de la place qui ne lui reconnaissent pas son rôle d’avant-garde avéré dans ce brûlant dossier du Nord. L’Algérie le fait d’ailleurs savoir à son grand voisin du sud qui a du mal à calmer le front nord de son territoire.

Les attaques se multiplient donc dans le Nord-Mali. Ces attaques multiples ne sont même plus revendiquées par la même bande rebelle. La bande à Bahanga, qui porte jusqu’ici la marque des assauts meurtriers, a juré qu’elle n’est pas l’instigatrice de l’attaque survenue à Aguel Hoc, le samedi 3 mai dernier. Pour ce qui est de l’assaut sur Diabali et Dogofri, dans la zone de Niono, c’est la confusion générale : si le chef rebelle dissident Bahanga continue de nier toute implication dans cette nouvelle attaque, un mystérieux type, se réclamant de lui, et qui semble parfaitement se complaire dans le rôle de porte-parole du mouvement rebelle, lui, intervient sur les ondes de RFI pour en assumer. Selon lui, ces assauts répétitifs de la bande à Bahanga, tels qu’ils sont planifiés, sont de nature, d’après ce mystérieux porte-parole, à contraindre le gouvernement, accusé de ne pas tenir ses engagements, à reprendre le dialogue au plus vite.

Qui sont donc ces insurgés qui attaquent le Nord ? D’où viennent-ils ? Quels liens entretiennent-ils au cas où ce n’est plus le même groupe ? En tout état de cause, ce qui menace aujourd’hui le processus de paix, plongé dans l’impasse depuis l’échec des discussions de Tripoli, c’est la multiplication des attaques armées sur fond d’intimidation et de provocation. Si de nombreux groupuscules envahissent le Nord, c’est que le climat de paix est à jamais compromis. Voilà donc une donne extrêmement importante que l’Etat ne doit pas perdre de vue s’il ne veut pas se faire dépasser par les événements sur la nécessaire maîtrise de la sécurité sur cette partie de son territoire national qui plonge de plus en plus dans l’escalade violente de la reprise des hostilités.

Par Sékouba SAMAKE Info Matin

  
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Ajouter un commentaire comment Les commentaires (1 posté)

  • Posté le Samory, 13 Mai, 2008 08:24:27
    La méthode ATT est inefficace et sans effet pour résoudre la crise au nord du Mali. Sinon comment comprendre que l'armée reste uniquement sur la défensive au lieu d'être sur l'offensive? Les maliens en ont marre de cette gestion solitaire et du privilège accordé à ces apatrides. Dans aucun pays au monde (sauf au Mali) on ne négocie avec les bandits armés qui minent les champs, terrorisent la population, attaquent les postes de sécurité et les convois de l'armée , bradent les symboles de l'état... Si ATT attend un quelconque prix Nobel de la paix qu'il aille voir ailleurs et laisser les maliens gérés cette crise qui a tant perduré et j'en suis sûr que l'armée rétablira l'ordre et installera ses casernes là où il faut à travers le pays. On dit non à la médiation de ces vrais faux frères (Algériens et Libyens) qui en réalité ne visent que leurs intérêts (zone d'influence). Le Mali est un et indivisible, il forme une mosaïque multiculturelle, c'est un carrefour de civilisations. Nul en aucun cas ne doit avoir plus de privilèges que d'autres, celui qui ne se plie pas sous cette bannière trouvera les vrais patriotes à sa poursuite. Vive le Mali, vive la paix, à bas les apatrides.

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