Bama Musique: Neba Solo, virtuose du balafon : « Mon ambition était de "prouver qu'on peut obtenir tous les rythmes et toutes les sonorités avec le balafon".

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Connu sous le sobriquet de Neba Solo, l’enfant du village de Nebadougou dans la région de Sikasso, Souleymane Traoré, vient de donner un goût et une revalorisation à l’instrument traditionnel qui est le balafon.

L’élève du regretté Lamissa Bengaly a initié l'oeuvre de vulgarisation, de revalorisation et de promotion du balafon. Aujourd'hui, le jeune dynamique et virtuose, Neba Solo a pris le flambeau. Néba Solo est né en 1969 à Nébadougou, un petit village de Sikasso. Son enfance se passe au rythme des longues et pénibles journées aux champs et les soirées de balafon, son père est un virtuose de cet instrument. Beau garçon, trapu et de taille moyenne, le regard vif, reflet d'une intelligence hors du commun, Néba Solo est un artiste au vrai sens du terme. Très intelligent et doté d'un sens pointu de l'observation, il maîtrise rapidement le jeu et la technique de fabrication du balafon. Il se fait vite une réputation à Nébadougou et environs. Mais le goût de l'aventure le sèvre momentanément de sa passion. Toutefois, après avoir sillonné le Mali et les pays limitrophes pour exécuter de petits boulots de consolation, le jeune Sénoufo retourne à ses premières amours.

"J'ai appris le balafon depuis ma tendre enfance. Cela ne m'a pas empêché de tenter l'aventure. J'ai fais beaucoup de métiers. En fin 86, je me trouvais à Bamako ou j'étais employé par un maraîcher (il gagnait 3.500 FCFA (6 €) par mois). J'écoutais beaucoup de musique surtout le disco, le funk, le rock et le reggae. C'est en écoutant l'album "Jérusalem" d'Alpha Blondy que j'ai commencé à me poser des questions. Pourquoi ne pas me servir du balafon pour essayer d'avoir la notoriété du rasta Ivoirien ? Me suis-je dit, c'est ainsi que j'ai eu l'idée d'exploiter la maîtrise du balafon pour vivre et me faire une place au soleil", se souvient-il.

A partir de 1987 commence sa recherche et sa réflexion sur la méthode d'amélioration de la sonorité du balafon. Le jeune artiste travaille aussi à créer un accord entre le xylophone et autres instruments de musique.
 De plus en plus sollicité en Europe Souleymane crée son propre groupe pour s'imposer. Avec deux balafons, le
bara, le karignan, le cicaara et deux excellents danseurs, sa formation devient rapidement la référence de la nouvelle génération et à la surprise de beaucoup de sceptiques, dans les boîtes de nuit comme dans les fèrès (places publiques) il succède à l'orchestre d'Oumou Sangaré comme meilleure formation artistique du Mali en 1996.

Plusieurs instruments
L'enfant de Nébadougou a fait du balafon l'instrument traditionnel de musique le plus populaire actuellement au Mali. Son génie a également séduit et conquis l'occident où il est de plus en plus la coqueluche des festivals et autres échanges culturels. Son album « Can 2002 a enregistré un succès énorme et apprécié par son peuple ainsi que l’Occident. Sur ce morceau dédié à  la Can que le Mali a abrité en 2002, Neba Solo se prononce en soulignant que "Chacun a son rôle à jouer dans la construction de son pays. La Can 2002 est une affaire nationale. La contribution des artistes à la réussite de cet événement doit être la mobilisation et la sensibilisation des populations et surtout la motivation des joueurs", explique-t-il, pour justifier son choix de dédier une chanson à la Can 2002.
Ce morceau occupe la plupart des choix sur les bandes FM, dans les night clubs ... ce morceau est la plus belle ode dédiée à la première Coupe d'Afrique des nations du 3e millénaire que le Mali a organisé du 19 janvier au 10 février 2002. Il figure sur un album également appelé "Can 2002" de onze titres qui a été officiellement mis sur le marché discographique le 6 septembre 2001. Le concert dédicace a eu lieu à la même période
à Sikasso. Cette dédicace a vu la présence au spectacle d’une virtuose du balafon Molobaly Traoré, de Déné Issébéré et de Mama Draba.

Souleymane Traoré maîtrise presque tous les instruments traditionnels (balafon, kamalen n'goni, karignan, bara, cicaara, djembé ...) Il les joue autant qu'il les fabrique.

Neba solo a participé à plusieurs festivals comme celui de (Angoulême France) à Rotterdam où il était l'unique représentant de l'Afrique ... Il a beaucoup travaillé avec le célèbre Frédéric Galliano qui a remixé son premier album, et avec d'autres ténors du Jazz, du blues, etc. A l'entendre, son ambition était de "prouver qu'on peut obtenir tous les rythmes et toutes les sonorités avec le balafon". A côté de cette carrière de musique Neba Solo forme à son tour des jeunes africains que européens.

Aminata Mariko, BamaNet

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