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Le propriétaire de la moto est mort, écrasé par un camion sur la route de Koulikoro en 2007. Un homme voulant acheter la même moto, a lui aussi perdu la vie dans un accident de la route. Le mécanicien, qui a remis la moto en bon état, s’est fracturé le tibia dans un cortège de mariage. Mystère ou malédiction du défunt ? C’est la question qui taraude les esprits du côté de la famille du défunt et de celui de la veuve. L’histoire s’est passée à Lafiabougou, un quartier de la commune IV. Les faits.
Selon certaines indiscrétions, le propriétaire de la moto l’aurait achetée pour l’offrir comme cadeau à sa femme après la naissance de leur deuxième fils. Après le décès du mari, les deux belles-sœurs de la veuve ont décidé de vendre la moto pour faire du commerce avec le montant de la vente. Et ce, à l’insu de la bonne dame. La veuve, en apprenant des indiscrets, la vente de la moto de son défunt mari, aurait vigoureusement protesté. C’était mal connaître la cupidité de ses deux belles-sœurs qui avaient déjà empoché l’avance auprès de l’acquéreur.
Après avoir empoché l’avance, une des deux belles-sœurs a eu un cas de conscience.
Pour cette dernière, s’approprier d’une telle somme ne les mènera nulle part. L’autre plus cupide, refusa d’écouter sa sœur. Pour elle, cet argent peut bel et bien être un fonds de commerce pour elle. Le grand frère n’étant plus de ce monde, pourquoi s’en soucier autant ? Elle était déterminée à aller jusqu’au bout de son projet.
Quelques jours plus tard, la belle-sœur qui tenait toujours à faire du commerce avec l’argent de la moto, sera dévalisée par un pickpocket au grand marché de Bamako. Les malheurs se suivaient à un rythme inhabituel. L’on ne cessait de se poser des questions sur le pourquoi des problèmes que connaissait la famille en si peu de temps. La mésentente entre les deux familles gagnait de l’ampleur. Pour la famille de la veuve, la moto doit revenir à leur fille. Selon les parents de la veuve, il s’agit d’un cadeau fait par le défunt à son épouse à l’occasion de la naissance du deuxième garçon. Pour les parents du défunt, la « Jakarta » est une propriété de leur regretté. La tension ne cessait de monter entre les deux familles. Ah ! Pauvreté, quand tu nous tiens.
Dans un passé récent, une telle pratique était méconnue au sein de notre société. Avec la mondialisation et la globalisation, notre identité est en perte de vitesse. Le mort était respecté de même que son héritage. Aujourd’hui, avec la crise de l’emploi, la crise économique, l’on est prêt à tout pour survivre.
Après moult tractations, la famille du défunt décide enfin de remettre la moto à la veuve. Cette dernière refuse en disant qu’elle n’a plus besoin de la moto. Après de nombreux échanges, la veuve revient à de meilleurs sentiments et accepte de garder la moto.
Pendant plusieurs mois, personne n’a osé toucher à l’engin qui sera couvert de toiles d’araignée. Est-ce par peur que la moto ne fasse encore d’autres victimes ?
Les protagonistes sont allés jusqu’à jeter la moto sur un tas d’ordure, non loin du cimetière de Lafiabougou. La Jakarta y restera plus d’une semaine sans que quelqu’un ait le courage de l’enlever sous les ordures. La population avait une peur bleue pour cette moto, source de tant de malheurs. Mêmes les malfrats n’ont pas osé enlever cette bécane supposée hantée, dont le dépôt sur le tas d’ordures, constituait à leurs yeux, un piège.
Puisque la moto pose problème et il fallait bien trouver une solution ; on fera recours à un marabout. La solution proposée par ce dernier était soit d’abandonner la moto sur les ordures ou de ‘‘l’enterrer’’ comme un mort dans un champ.
Un jour, le marabout, accompagné par un pousse-poussetier, a transporté la moto pour une destination inconnue. Du côté de la famille du défunt, le marabout est allé enfouir la moto afin de ne pas causer d’autres malheurs. Mais, personne n’ose poser la question si la moto a été réellement enfouie.
Amadou Diakité Le Pouce





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