Il a fallu exactement un mois et quatre jours pour que les candidats au diplôme d'étude fondamentale (DEF) nouvelle formule soient fixés sur leur sort. Si par le passé le gouvernement a adopté une politique de passage de masse, cette année ils ne sont pas très nombreux à décrocher le précieux sésame. Le mercredi 21 juillet à l'annonce de l'apparition des résultats la déception était grande dans les cours des écoles. En effet, cette année le DEF a enregistré son plus faible taux depuis l'avènement de la démocratie au Mali.
Le taux national est de 32,89% contre 64% pour 2009. La raisons de cette faiblesse, selon le directeur national des examens et concours M Hachimi Adama Touré, est la nouvelle reforme entreprise par le ministère de l'Education, de l'Alphabétisation et des Langues nationales. Cette reforme voulue par le forum de l'éducation tenu en 2008 a exigé le retour de toutes les matières enseignées au cours de l'année scolaire au DEF. C'est ainsi que cette année des matières dites « matières à évaluation continues » comme l'histoire et la géographie, les sciences naturelles, l'éducation civique et morale et la biologie ont été réintroduites au DEF. Il faut noter que toutes ces matières ont disparu du programme de certaines écoles privées pour cause d'économie d'argent et pour la simple raison que ces matières ne sont pas au DEF. Plus tard au lycée les élèves sont confrontés à un véritable problème de niveau. Autre innovation apportée, c'est dans le calcul de la moyenne de passation. Cette année la moyenne de classe intervient pour ¼ alors qu'auparavant elle intervenait pour ½. Une autre raison qui peut expliquer ce faible taux c'est le fait que cette année le ministère dans sa politique de lutte contre la fraude à l'école a pu autant que faire se peut minimiser cette fraude qui était devenue un fonds de commerce pour certains pendant les examens. En tout cas même si ce taux est faible il n'est pas question de s'alarmer nous dit le directeur national des examens et concours car selon lui cette année tous ceux qui ont passé ont le « vrais DEF ». C'est le même son de cloche chez certains parents d'élève comme Youssouf Konaté que nous avons rencontré à l'école publique de Kalaban Coro. « Je préfère que mon enfant redouble la classe que de passer sans avoir le niveau ». Quand aux directeurs d'écoles et les maîtres qui ont tenus les classe de 9ème ils se réjouissent de l'application de ce système car selon eux le gouvernement a enfin, penser à rehausser le niveau de l'élève malien qui n'est plus compétitif au niveau de la sous région depuis ce système de passage en masse. Idrisa Maiga professeur d'histoire er géographie nous explique « avec ce système toutes les matières seront considérées, plus de matières secondaires ou de matières principales ». En ce qui concerne les résultats eux-mêmes l'académie de Mopti vient en tête avec un taux de réussite de 70,79% suivie de l'académie de Kita et Kati avec respectivement 65,85 et 61,07%. L'académie de Ségou ferme la marche avec 9,31%. Par contre L'académie de Kati est celle qui a présenté le plus grand nombre de contingents avec 22 435 candidats dont 13702 sont admis, elle est suivie de l'académie de Bamako rive gauche qui a enregistré 21681 candidats dont 5588 seulement ont été déclarés admis en troisième position vient l'académie de Sikasso avec ses 21642 candidats dont 7290 admis, l'académie de Kidal ferme la marche avec 228 candidats dont 117 admis. Avec ces résultats, le Mali qui veut rentrer dans le système éducatif de l'UEMOA avec une harmonisation des programmes vient à la même hauteur que les autres pays comme la Côte d'Ivoire, le Burkina et le Sénégal qui ont obtenu respectivement 29,40, 23,03 et 35% en 2009 au BEPC (brevet d'étude du premier cycle) l'équivalent du DEF dans ces pays.
L'échec des premiers.
Le faible taux d'admission au DEF n'a pas été la seule surprise cette année. L'autre surprise désagréable a été l'échec de certains premiers de classe à cet examen qui parle encore beaucoup de lui. En effet dans certaines écoles de Bamako notamment dans les privées, des premiers de classe ont lamentablement échoué. Ce qui nous fait dire que ces premiers ne sont en fait que des « faux premiers » à qui les promoteurs de ces écoles privées veulent faire plaisir soit parce qu'ils ont payé de l'argent pour avoir une forte moyenne, soit ce sont les enfants des barons de l'école c'est-à-dire ceux là mêmes qui ont aidé l'école à avoir le récépissé. En tout cas le moins que l'on puisse dire c'est qu'à partir de cette année toutes ces écoles privées comprendrons que désormais il faut mettre l'élève qu'il faut à la place qu'il faut.
Quelques chiffres du DEF.
Nombres de candidats ayant composés : 153 537
Nombres de Candidats admis : 50 500 dont 18435 Filles et 32065 Garçons
Nombres de candidats réguliers : 49097 dont 17792 filles et 31305 garçons
Nombres de candidats libres 1403 dont 643 filles et 760 garçons.
Taux de réussite des 3 dernières années
2007............71,13%
2008 ..........73, 18%
2009............64,78%
Crise universitaire
Mallé sort de sa réserve
Dr Abou Mallé secrétaire général du syndicat national de l'enseignement supérieur (SNESUP) a été beaucoup critiqué par ses camarades lors de leur assemblée générale(le 10 juillet dernier) pour son manque de communication (aucune déclaration à la presse durant la grève illimitée). « On entend que le gouvernement faire des propositions ou rejeter des propositions mais jamais notre syndicat » disait un enseignant ce jour là. C'est sans doute pour cette raison que Dr Mallé prend enfin la parole pour s'exprimer dans la presse. C'était chez nos confrères de l'Indépendant dans leur parution du vendredi 23 juillet 2010. Et voilà ce qu'il disait à propos de la suite de l'année universitaire « si le gouvernement veut sauver l'année il faut qu'il nous paye les deux mois de vacances Août et Septembre ». Avec cette déclaration le secrétaire général du SNESUP jette la balle dans le camp du gouvernement, comme pour leur dire « si vous ne nous répondez pas favorablement l'année ne sera pas sauvée et la responsabilité vous incombe ». Côté gouvernementale aucune déclaration n'a été faite concernant cette proposition. Dans la même foulée , le même Abou Mallé dans une lettre datée du 21 juillet demande une autorisation d'aller en congé de un mois à partir du 1er Août conformément à l'article 19 de la loi n°98/067 du 30 décembre 1998 qui stipule que « le personnel enseignant de l'enseignement supérieur a droit à un congé annuel au maximum de 60 jours ». Cette lettre dont ampliation a été faite à la présidence de la République, à la Primature et à l'Assemblée nationale est adressée au ministre de l'Education, de l'Alphabétisation et des Langues nationales assurant d'intérim de son homologue de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (malade). Deux actes posés dans la même semaine. La question c'est de savoir ce que veut réellement le SNESUP. Partir en vacance ou enseigner et être payé ? Nous saurons la réponse à cette question le 31 Août prochains avec l'assemblée générale du syndicat pour faire le bilan de la trêve de 15 jours. Nous y reviendrons donc
FSEG
Jabar élu secrétaire général de l'aeem.
Les étudiants de la faculté des sciences économiques et de gestion(FSEG) ont profité de la trêve de 15 jours décrétée par les professeurs (après la grève illimitée de 4 mois) pour élire leur secrétaire général de l'AEEM. C'est ainsi qu'après une première élection avortée le mercredi pour cause d'échauffourées entre les militants des deux candidats, les élections ont eu lieu le vendredi dernier dans l'enceinte de la dite faculté. Cette élection qui se fait à mains levée a vu le sacre d'Abdoul Zabare Traoré dit « Jabar » de la 4ème année gestion sur Abdramane Diakité avec 456 voix contre 327. Rappelons que Jabar est le secrétaire aux conflits du bureau de coordination de l'AEEM dirigé par Hamadoun Traoré.
Examen de fin d'année
L'IUG fixe son chronogramme.
L'institut universitaire de gestion (IUG) est la plus optimiste des écoles en ce qui concerne l'avenir de l'année universitaire. A peine rentrés de la grève, les responsables de l'IUG ont établi un chronogramme pour fixer les dates de leurs examens de fin d'année. Chronogramme que voici. du 14 au 9 Août 2010 pour les devoirs des 2èmes années ; du 25 au 30 octobre pour les examens de la 1ère année ; du 13 au 20 septembre examen du DUT. Le 20 octobre 2010 proclamation des résultats.
Ousmane Dicko (stagiaire) la Nouvelle République
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