Au même titre que la question militaire qui a engendré la fuite massive d'une partie de la population du nord vers des zones « plus sûres », la gestion des déplacés et réfugiés préoccupe aujourd'hui le gouvernement et la population dans la perspective des élections de 2012.
« Le gouvernement va entrer en relation avec les pays d'accueil des réfugiés pour définir les conditions de leur participation au vote », nous a assuré, hier, une source anonyme de l'administration malienne. Dans la même journée de ce mercredi 7 mars, le Ministère de l'Administration Territoriale et des Collectivités Locales (MATCL) a porté à la connaissance du gouvernement une « stratégie d'urgence » en vue d'un « retour à court terme des réfugiés ».
Ce retour sera « librement consenti », précise le gouvernement. La négociation d'accords de rapatriement avec les pays d'accueil des réfugiés et des organisations humanitaires serait en cours.
Depuis le 17 janvier, le Mali est confronté à une rébellion armée perpétrée par le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) qui réclame l'indépendance d'une zone comprenant plus des deux tiers du territoire malien. Les combats parcellaires notamment à Ménaka, Tessalit, Aguel Hok, Andéraboukane, Tinzawatène ainsi que l'entrée des assaillants à Léré, ont contraint plusieurs dizaines de milliers de personnes à se mettre à l'abri des balles.
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés a évalué, en fin février, leur nombre à 130 000. Ces chiffres restent cependant sujet à discussion puisque la population vivant dans ces zones de combats s'avère relativement faible et on s'interroge, notamment dans le milieu de l'administration malienne, sur les conditions de recensement de ces personnes.
En fait, le gouvernement a décidé de tenir l'élection présidentielle à la date constitutionnelle échue et l'Etat doit se donner les moyens de son bon déroulement. Toutefois, des milliers de nos compatriotes ont traversé les frontières pour se mettre en sûreté dans des pays limitrophes, particulièrement en Algérie, au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger.
« Dans le cadre de la gestion des personnes déplacées, le gouvernement a mis en place des commissions régionales appuyées par des partenaires humanitaires dont le CICR », a indiqué la communication du MATCL lors du dernier conseil des ministres. Combien de temps prendra ce retour ? C'est là toute la question ! Les combats sont en cours sur le terrain, principalement à Tessalit depuis plusieurs jours. Les autorités rappellent que l'opérationnalisation de cette « stratégie d'urgence » sera précédée par des actions militaires, sécuritaires, administratives, sociales et diplomatiques en vue d'une pacification des localités concernées par le conflit armé.
Seydou Coulibaly
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