La réunion du Conseil de médiation et de sécurité de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui s’est tenue ce 12 avril 2012 à Abidjan s’est terminée sur des « résolutions ». La rencontre s'est déroulée à huis clos. Les ministres de la Défense et ceux des Affaires étrangères de la Cédéao sont restés très discrets sur leurs projets. Au Mali, le discours d'investiture du président par intérim Dioncounda Traoré a enflammé les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).
Combien d’hommes devraient composer la future force en attente de la Cédéao ? Quand devra-t-elle être déployée au Mali ? Quels sont les pays contributeurs et à quel niveau ?
Autant de questions qui restent sans réponse parce que « ce sont des résolutions à proposer aux chefs d'État. Ce sont eux les décideurs au final sur cette question », explique le président du Conseil de médiation et de sécurité, le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Daniel Kablan Duncan, qui s'excuse presque : « Navré de ne pas pouvoir vous donner des détails tant que les chefs d'État ne se sont pas prononcés sur ces résolutions ».
Lorsqu’elle verra le jour, la force en attente de la Cédéao devra-t-elle engager le combat contre les rébellions du nord du Mali ?
« Nous allons dialoguer dans un premier temps, indique Daniel Kablan Duncan, il faut que les gens comprennent que le dialogue doit être considéré comme l'âme des forts et non des faibles. Si ce dialogue se fait dans un cadre strict de maintien de l'intégrité territoriale du Mali... oui, un dialogue peut aboutir. Il ne serait en aucune façon question de partition de ce pays. Dans un dialogue, il faut garder la possibilité d'intervenir par la force si nécessaire. Donc dialogue, gant de velours mais main de fer, si d'aventure, cela n'aboutit pas ! »
Si elle était déployée avant la fin de la transition malienne, la force sous-régionale devrait d’abord sécuriser les autorités de la transition, ensuite garantir l’unité du Mali.
Une nouvelle phase s'ouvre au Mali
"toutes les Maliennes et à tous les Maliens de la classe politique, des organisations de la société civile, si tous oublient leur ego, leurs ambitions, alors, ils seront sans aucun doute ce fil dont l'aiguille a besoin pour travailler" - Dioncounda Traoré, président malien par intérim, lors de son discours d'investiture le 12 avril 2012.
Investi président ce 12 avril à Bamako, Dioncounda Traoré, ancien président de l'Assemblée nationale, s'est engagé à organiser des élections et à combattre la rébellion touarègue dans le Nord, en prêtant serment. Son investiture par la Cour suprême s'inscrit dans le cadre de l'accord de transfert du pouvoir à un régime civil négocié, sous l'égide de la Cédéao, avec la junte du capitaine Amadou Sanogo, auteur du coup d'État du 22 mars.
Demain, samedi, le médiateur de la crise, le président burkinabè, Blaise Compaoré, réunit autour de lui à Ouagadougou la classe politique malienne et les anciens putschistes. Dioncounda Traoré doit aussi désigner un Premier ministre et former un gouvernement.
Les neuf responsables politiques maliens détenus à la suite du coup d'État militaire du 22 mars, dont cinq anciens ministres, ont été libérés ce jeudi 12 avril. Parmi ces personnalités, le ministre des Affaires étrangères, Soumeylou Boubèye Maïga et le maire du district de Bamako, Adama Sangaré. Ils étaient détenus au camp militaire de Kati, près de Bamako.
Vives réactions
Dioncounda Traoré s'est présenté lors de son investiture comme le « président d'un pays en guerre » et a menacé les rebelles qui contrôlent le Nord d'une « guerre totale ». Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) s'est senti directement visé et considère ce discours comme une déclaration de guerre.
"Si le ton est comme ça, on peut aller sur Mopti, Ségou et jusqu'à Bamako !" - Baye Ag Kiknan, Porte-parole du Mouvement national de libération de l'Azawad
Les ministres du G8 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Royaume-Uni, Italie, Japon, Russie), réunis depuis mercredi à Washington, ont dénoncé, ce 12 avril, les « déclarations d'indépendance de groupes armés » dans le nord du Mali et appellent « toutes les parties à un cessez-le-feu et à engager un dialogue ».
RFI
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