A Gao dans le nord du Mali, les émissaires du MNLA et d'Ansar Dine se sont vus pour la première fois hier, jeudi 10 mai, en fin d'après midi. Des négociations qui font suite à la réunion de Kidal la semaine passée, pour tenter de s'allier et de s'accorder sur les méthodes à mettre en place pour gérer l'Azawad. Mais les deux mouvements semblent incapables, pour le moment, de trouver un terrain d'entente et cherchent surtout à affirmer leurs forces respectives.
Message fort, symbolique : hier matin, Iyad Ag Ghali, qui défend l'instauration de la charia, a reçu en premier lieu les responsables religieux de Gao pour parler de la place de l'islam dans la ville. Dans le même temps, ses combattants se sont déployés dans toute la cité. Drapeaux noirs, messages à la population, une véritable opération de communication pour cet habitant : « Ils ont fait une démonstration de force : les drapeaux noirs qui flottent sur certaines maisons, sur certains édifices publics et, sur presque tous les panneaux publicitaires. Ils écrivent Allah Akbar, Dieu est grand. Vers dix heures, il y avait l'un de ces chefs religieux qui a fait le prêche dans une des rues. Ils disent qu'ils sont là pour instaurer la charia ».
Une démonstration de puissance qui n'a pas de poids pour le Mouvement national de libération de l'Azawad. Pour Abdoul Karim Ag Matafa, le président du Conseil révolutionnaire du MNLA, Ag Ghali n'est pas en position de force, ni à Gao ni dans le nord du Mali : « Je ne pense pas que c'est une démonstration de force, Iyad Ag Ghali ce n'est pas l'homme fort de la région, il est venu en force. Celui qui propose un Azawad islamique, nous nous lui proposons un Azawad sans le terrorisme international ».
Alors que chaque camp s'estime en position de force, les deux mouvements qui défendent des idéaux différents doivent poursuivre leurs négociations ce vendredi 11 mai 2012.
A Gao, l'hôpital de la ville reprend progressivement ses activités
Hier 9 mai, le CICR a envoyé du matériel de chirurgie à l'hôpital de Gao, un établissement de référence pour toute la région qui a été pendant plusieurs semaines fermé après avoir été pillé. Aujourd’hui, les patients sont accueillis et les mamans peuvent revenir accoucher.
Ami Touré est infirmière à l’hôpital de Gao. Chaque jour, comme des dizaines d'autres personnels soignants, elle vient travailler bénévolement à l'hôpital de la ville, pour, dit-elle, aider les gens qui souffrent. Au mois de mars, l’hôpital a été pillé et déserté par son personnel après la prise de la ville par le MNLA et les islamistes. Ni eau, ni électricité. C'est le CICR qui a permis de financer le gazoil pour alimenter le générateur et pour remettre en route progressivement l’hôpital.
Ibrahim travaillait au service obstétrique avant les combats, il a été l'un des premiers à revenir sur place. Avec d'autres, il a participé à la réouverture progressive de l’hôpital et la création de l'action humanitaire dans l'établissement de soins. Mais l’hôpital de Gao reste malgré tout une goutte d'eau face aux besoins humanitaires immenses dans la région du nord du Mali.
rfi.fr
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