En récusant l'idée d'une force étrangère en vue de « sécuriser les organes de la transition » comme le souhaite des partis politiques maliens et la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le gouvernement malien a adhéré à l'option d'une dissolution du Comité national pour le redressement de la démocratie te la restauration de l'Etat (CNRDRE).
Dans un entretien accordé à l'Office des Radio et Télévision du Mali (ORTM), dans la nuit du vendredi à Samedi, le ministre de la Communication, des postes et des nouvelles technologies, porte-parole du gouvernement, Ahmadoun Touré, a expliqué la vision du gouvernement malien sur ces questions qui font débat au sein de l'opinion nationale. Selon le ministre, le gouvernement envisage la création d'une nouvelle structure que pourra intégrer le CNRDRE. Le projet de loi, dit-il, sera examiné lors d'un conseil des ministres extraordinaire en début de cette semaine et soumis à l'examen de l Assemblée nationale.
« La création de cette nouvelle structure qui va absorber le CNRDRE, est conforme à l'accord-cadre. En fait, cela y est prévu », a-t-il insisté. Le nom de ladite structure reste à préciser. Selon le porte parole du gouvernement, elle sera ouverte à d'autres composantes de la société notamment les partis politiques et la société civile. Il s'agit d'un organe consultatif censé « aider » le gouvernement de transition à « réussir » sa mission. Cette mission, rappelle le ministre, est de reconquérir le nord du pays et préparer des élections avec un fichier fiable et consensuel.
Sur la question des militaires étrangères pour la sécurisation des institutions de la République, le ministre dit « saluer » une « pression amicale » de la part de la communauté internationale notamment la CEDEAO et de l'Union Africaine et souligne que cette mission revient aux forces de défense et de sécurité du Mali. Le gouvernement semble tiré de l'accord-cadre CEDEAO-CNRDRE un véritable programme d'action.
Après la loi d'amnistie exonérant les auteurs du coup d'Etat du 22 mars de poursuites judiciaires, une loi de prolongation du mandat des députés a été mise dans le circuit institutionnel. Celle-ci sera suivie d'une loi d'indemnisation des personnes victimes de la crise politico-institutionnelle mais aussi d'une loi de programmation militaire en vue d'un réarmement de l'armée nationale.
Seydou Coulibaly
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