La réunion des Chefs d'État-major du bloc sous-régional s'est terminée le mardi dernier à Bamako. Mais après cette rencontre, Bamako campe toujours sur sa position : le refus de valider cette feuille de route pour que la CEDEAO, à travers l'Union africaine, puisse enfin saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies pour l'envoi des troupes militaires au Mali. Ce « jeu de ping-pong » des autorités maliennes risquent de troubler les relations de bon voisinage avec ses amis de la CEDEAO avec une possibilité envisageable d'embargo sur le Mali.
Compte tenu du temps et les incessants va-et- vient des amis du Mali pour l'aider à trouver une solution à la crise, les efforts de ces derniers ne reçoivent pas l'écho favorable auprès de leurs interlocuteurs maliens. Et pour cause : malgré les réunions et l'ultimatum lancé par ces amis aux autorités maliennes, celles-ci jouent toujours à la sourde oreille. Mais le hic dans cette affaire, c'est que le débat est animé par une frange d'acteurs politiques et de la société civile sur la question de la souveraineté nationale.
Mais en toute objectivité, peut-on parler aujourd'hui de souveraineté du Mali au moment où les deux tiers de son territoire sont occupés par des terroristes et des bandits de grands chemins qui ont aujourd'hui transformé le Nord en une zone de narcotrafiquants et où la mafia de la drogue a enfin trouvé une porte de transit pour ses marchandises vers l'Afrique, les pays européens et les Etats Unis d'Amérique ? Peut-on parler de souveraineté lorsque le pays dépend à 90% des ports de ses voisins du bloc sous- régional ?
Certes, le Mali est un pays souverain depuis 1960, mais n'empêche : le Mali est membre d'organisations sous- régionale comme la CEDEAO, continental comme l'Union africaine et mondiale comme l'ONU. Ne pas vouloir respecter les engagements du pays en tant de crise avec les engagements qu'il a lui-même signés et ratifiés frise donc le ridicule. Quelque part, on constate que la CEDEAO veut imposer son diktat au Mali. Mais on oublie de dire que toutes les rencontres pour une sortie de la crise malienne se font avec toutes ces organisations citées plus haut car chacune d'elles est représentée d'une manière ou d'une autre. Alors que veut nous faire croire cette frange de pseudo-intellectuels qui, en réalité, sont tous avides de pouvoir ?
Certes, il est facile de mobiliser la foule au cours des meetings et de tenir de beaux discours à ses fans. Mais lorsqu'on brandira des sanctions contre le pays, ce ne sont pas de ces beaux discours que les populations aura besoin pour se nourrir. Ce ne sont pas non plus ces discours qui vont faire transiter les marchandises des opérateurs économiques qui seront bloquées dans ces ports. Les Maliens se veulent tous patriotes et aiment leur pays, mais patriotisme ne signifie pas activisme. Mais il faut qu'on soit réaliste et objectif une fois pour toutes car à y voir de près, la souffrance endurée par nos populations du Nord, ne fait ni chaud ni froid aux amateurs de bruits inutiles car si les condamnations pouvaient libérer le pays, on n'en serait pas là à cogiter sur des plans de reconquête de ces régions occupées, tellement on a eu droit à des déclarations allant dans ce sens et qui, au lieu de soulager la souffrance de ces populations du Nord, n'ont malheureusement fait que les empirer.
Que veulent au juste les Maliens pour le Mali ? N'est-il pas temps de nous surpasser et de saisir la main qui nous est tendue pour nous venir en aide ? Le temps jouant en notre défaveur, sachons arrêter à temps nos illusions qui sont perdues d'avance avant qu'il ne soit trop tard car il ne faudrait pas que nos actes poussent une grande majorité de nos concitoyens du Nord à remettre demain en cause la cohabitation entre les fils d'un même pays. Alors, nous serons tous responsables de cet état de fait.
Paul N'Guessan
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