C'est notre confrère de l'Indépendant qui a parlé de ce qui n'est ni plus ni moins qu'une affaire dans ses parutions du lundi et du mardi. Il s'agit du recrutement rocambolesque de 449 agents par la fonction publique au compte du ministère de la Santé mais qui a été annulé suite à un veto du ministre de la Santé. Il s'est avéré que celui-ci n'était pas au courant et que c'est incidemment qu'il a eu vent de la signature des contrats de ces 449 agents en sa faveur.
C'est de la Mecque où il effectuait sa Omra que Oumar Touré a demandé le gel du dossier de recrutement jusqu'à son arrivée. Selon nos informations, le recrutement ne répondait pas au cahier de charge officiel. En effet, c'est 712 agents qui devraient être recrutés pour le compte du ministère de la Santé. Sur avis du ministère délégué au Budget, il a été demandé de diviser le nombre par deux soit environ 350 personnes, de faire en sorte que 85% des recrutés soient des techniciens de la santé avec une prise en charge salariale ne commençant qu'en 2010. Mais à sa grande surprise, aucune de ces indications n'a été prise en compte et le dossier des 449 agents a monté dans son dos. C'est pour cette raison qu'il a demandé et obtenu que la décision soit annulée.
...Et sanctionne le chef du personnel...
Mais le ministre de la Santé ne s'est pas borné à demander l'annulation de la décision. Il a également tenu à ce que ceux qui au niveau de son département ont trempé dans cette « affaire » soient sanctionnés. C'est ainsi qu'il a suspendu de ses fonctions le chef du personnel en la personne de Etienne Coulibaly. Celui-ci, malgré la sensibilité du dossier et malgré les enjeux (on ne fait pas recruter 449 agents à l'insu du principal responsable du ministère) a semble-t-il tout fait à l'insu de ses chefs hiérarchiques. C'est la raison qui lui vaut d'être suspendu.
...Les soucis du ministre de la Fonction publique.
L'un des protagonistes de ce dossier se trouve être le ministre de la Fonction publique Me Abdoul Wahab Berthé. Selon des sources proches de son département, c'est semble-t-il de bien mauvaise grâce qu'il a accepté d'annuler la décision de recrutement des 449 agents. En effet, il semble qu'il n'y a pas longtemps lui-même aurait « victime » de ce genre de décision qui portait sur le recrutement de près de 1000 agents. Ses services auraient monté tout le dossier à son insu. Et quand il l'a vu, il a été obligé de le rabattre comme on dit dans le jargon juridique. Toujours selon nos sources, un véritable réseau de recrutement existerait au niveau de son département et nos sources estiment qu'il a là une bonne occasion de faire le ménage et de nettoyer.
Code des personnes et de la famille :
Communications tous azimuts
Depuis que le président de la République a décidé de soumettre le code des personnes et de la famille à une seconde lecture, on sent comme une sorte de frémissement sur le front de la communication. On a entendu certains partis politiques appeler à plus de consensus autour de cette reforme majeure. On a entendu des associations souhaiter une plus grande vulgarisation de la nouvelle loi pour une adhésion plus forte. C'est peut-être dans ce cadre qu'il faudrait placer les activités prévues par la Maison de la presse qui envisage des conférences de presse et des conférences débats autour de la question.
L'Union européenne que certains avaient accusé de mettre la pression sur le gouvernement et de conditionner certains de ses décaissements dans le cadre du 10ème FED à l'adoption du nouveau code des personnes et la famille a publié un communiqué dans lequel elle dégage sa responsabilité. « La Commission européenne n'a jamais exigé l'adoption du Code des personnes et de la famille et elle ne lie pas directement l'adoption du Code au montant de ses financements. La Commission européenne n'est pas non plus impliquée dans la réalisation des engagements du gouvernement ou dans leur formulation. Par exemple, elle n'intervient nullement dans l'élaboration du contenu du Code des personnes et de la famille qui reste la prérogative du seul gouvernement malien », voilà ce qui dit le communiqué en date du 18 septembre. Le même jour, le ministre des Affaires étrangères, Moctar Ouane, rencontrait le corps diplomatique. Entre autres questions, il a entretenus du code des personnes et de la famille. « Face au débat suscité par l'adoption, le 13 août 2009, du nouveau Code des personnes et de la famille, il importe de rappeler que l'objectif visé par le gouvernement, sur des questions de société majeures, était, certes, de favoriser un élan de modernisation tout en préservant les fondements de notre société. Subséquemment, et afin de préserver la quiétude et la paix sociale, obtenir l'adhésion de tous les maliens et de toutes les maliennes et sauvegarder l'unité nationale, le Président de la République Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, a engagé de très larges consultations à l'issue desquelles il a décidé de renvoyer le Code des personnes et de la famille à une deuxième lecture. Cette décision de sagesse a été unanimement saluée par nos compatriotes et pleinement soutenue par tous ceux qui accompagnent notre pays dans ses efforts de modernisation » a déclaré le ministre des Affaires. Comme on le voit, chacun tente d'y mettre un peu du sien.
L'affaire des trois hippopotames tués à Bankass :
Les précisions du maire central de Bamkass
Dans notre parution du jeudi 6 août 2009, nous publiions une information faisant état de la mort de trois hippopotames à Bankass. Le maire central de Bankass, Moulaye Guindo, nous a fait parvenir un droit de réponse. Selon lui, ce n'est pas trois hippopotame mais bien un seul qui a été tué le 31 mai par le député Tidiani Guindo. Connu pour être un chasseur, l'élu a été appelé en renfort suite aux échecs de tous ceux qui avaient voulu abattre l'hippopotame qui menaçait la vie des pêcheurs et des populations riveraines. Selon le maire, c'est depuis le mois d'avril que l'hippopotame a commencé à semer la terreur dans la localité de Woro, commune de Bayes en s'attaquant systématiquement aux pêcheurs. C'est le 28 mai que le préfet de Bankass en la personne de Meïssa Fané a donné l'ordre d'abattre l'animal à titre de légitime défense. C'est ainsi l'opération a démarré le 29 mai avec des chasseurs venus de Djenné. Face à leur échec, il a été fait appel au député Tidiani Guindo qui a pu abattre l'animal le 31 mai.
Pour notre part, nos sources restent toujours formelles : l'hippopotame qui était une femelle était accompagnée de deux petits qui ont disparu depuis. D'où la conclusion selon nos sources que les petits aussi ont été tués.
la Nouvelle République
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