Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a menacé le 11 janvier d'exécuter le Français Pierre Camatte, enlevé le 25 novembre 2009 à Ménaka, au Nord-Est du Mali, dans la région de Gao, si quatre prisonniers de l'organisation criminelle n'étaient pas libérés dans un délai de 20 jours. L'ultimatum prendra fin ce dimanche 31 janvier et aucun élément probant n'indique que Bamako cédera à ce chantage. Conséquence: Pierre Camatte pourrait bien être exécuté à cette date, comme le Britannique Edwin Dyer le 31 mai dernier.
Dès le départ, le Quai d'Orsay a paniqué dans cette affaire, appelant les Français à quitter le Nord- Mali. Ce qui a choqué à la fois le gouvernement malien et les populations de la zone, qui vivent à 70% du secteur touristique. Résultat: un sentiment anti-français s'est développé immédiatement dans tout le pays. Le président de la République lui-même, des ministres et plusieurs associations sont montés au créneau pour dénoncer la réaction disproportionnée de Bernard Kouchner, chef de la diplomatie française. C'est dans cette atmosphère d'incompréhension entre le Mali et la France que l'ultimatum est tombé: si quatre éléments d'AQMI détenus au Mali ne sont pas libérés dans un délai de 20 jours, Al-Qaïda exécutera Camatte. Il a été pris très au sérieux par le Quai d'Orsay car, il y a seulement huit mois, AQMI n'a pas hésité à mettre sa menace à exécution. Enlevé à la frontière Mali-Niger à la fin du mois de janvier 2009, le Britannique Edwin Dyer a, en effet, été exécuté par AQMI le 31 mai dernier. "Nous faisons appel à l'opinion publique française et à la famille de l'otage pour qu'ils fassent pression sur le gouvernement Sarkozy, afin de l'empêcher de commettre la bêtise commise par Gordon Brown à l'encontre de son ressortissant britannique", a rapporté le JDD.Fr, citant un site internet radical.
A vrai dire, l'espoir est vraiment faible de récupérer Pierre Camatte vivant, la France n'ayant même pas joué même discrètement de la négociation avec les ravisseurs, en tentant de commuer la revendication de la libération des quatre prisonniers en paiement d'une rançon. Kouchner n'a pas su (ou voulu) faire la bonne lecture de cette affaire, alors que chacun sait bien que ce n'est pas l'otage en tant que tel qui intéresse ces terroristes. La seule chose qu'ils veulent, c'est bien de l'argent. On aurait pu comprendre les exigences formulées par AQMI si les otages étaient des Maliens. Même là, l'Etat n'aurait pas cédé. Mon Dieu! Pourquoi libérer quatre assassins pour sauver la vie d'une seule personne, fut-elle un Français? D'autant que ces gens ne sont pas prêts à se repentir. Il'est dommage qu'il en soit ainsi et que le pauvre Camatte risque de subir, à partir de dimanche une exécution sauvage. A suivre.
Chahana TAKIOU 22 Septembre
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