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Délinquance financière au Mali : Le vérificateur général pour ou contre ?

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altLe vérificateur général Sidi Sosso Diarra, ne cesse de présenter ses rapports faisant le point de la corruption et de la délinquance financière au Mali. Mais, les milliards de Cfa des contribuables Maliens continuent d'être dilapidés par les prédateurs de l'économie nationale. Finalement, le Bureau du vérificateur général existe-il pour ou contre le fléau ?

 

 

A voir de près, on a l'impression que la création du Bureau de vérificateur général (BVG) par la Loi n°03-030 du 25 août 2003 a, au contraire, encouragé et enraciné les pratiques malsaines en matière de l'économie et de la finance au Mali. Car, au fur et à mesure que ses rapports se multiplient, le phénomène de la corruption et de la délinquance financière s'amplifie.

Des milliards de Cfa sont détournés au quotidien et les déficits budgétaires s'augmentent aussi. Bizarrement, les différents ministres en charge des questions de la finance affirment sans scrupule que les déficits importants seront financés par les ressources provenant des aides budgétaires extérieures et de la mobilisation de l'épargne nationale. Peut-on toujours recourir à cette stratégie ? La réponse est « non », au regard du montant faramineux annuellement détourné par les structures publiques du Mali.

 

En effet, face à cette situation économique précaire qui suscite l'inquiétante, rien ne saurait justifier les malversations financières devenues ‘'le sport favori'' de certains hauts responsables. Ces derniers ne pensant qu'à eux-mêmes, entraînent davantage le Mali dans le gouffre profond. A cause de leur comportement, le lot des citoyens malheureux ne fait que grossir. Il est donc inadmissible de voir le moindre kopeck de l'Etat détourner. Le cas présent, les auteurs doivent être poursuivis par la Justice et punis avec toute la sévérité de la Loi.

Pourtant, à la veille du 22 septembre 2007, le président ATT, faut-il le rappeler, avait laissé entendre des phrases incisives. « Dans le cadre de la lutte contre la corruption, tout en veillant à la prévention par les procédures et contrôles appropriés et à la sanction le cas échéant, les chantiers à ouvrir en priorité seront la relecture du code des marchés publics, la réforme des Directions administratives et financières (DAF)...», avait déclaré en substance le chef de l'Etat, Amadou Toumani Touré.

Mais, jusqu'ici, les présumés auteurs des détournements dont la plupart sont des DAF, tapissent dans l'ombre. Les rares dossiers transmis au fameux juge anti corruption du Pôle économique et financier, indiquent certaine source, l'auraient été par simple règlement de compte que la volonté de lutter contre la délinquance financière.

Le vaudeville continue

« Nous avons mis plus d'accent...sur la vérification intégrée, ce qui, au-delà de la qualité de la gestion financière, permet de mesurer la performance des structures vérifiées, donc l'impact des ressources publiques engagées », avait déclaré le vérificateur général en chef, Sidi Sosso Diarra, dans le chapitre introductif de son rapport 2007.

Plus de missions auxquelles s'ajoute le contrôle de performance des structures vérifiées. Mais, toujours est-il que le phénomène de la corruption ne s'est pas régressé au Mali. le Vegal avait également fait savoir à la presse le 6 août 2008, à l'hôtel Salam de Bamako, lors de la présentation à la presse dudit rapport que les recommandations de ses rapports 2005 et 2006, n'avaient pas donné les résultats escomptés.

On voit de façon claire que la corruption et la délinquance financière s'enracinent au Mali. Des structures précédemment épinglées l'ont été de nouveau. A titre d'exemple on peut citer l'Office du Niger, la direction générale des douanes, l'INPS, la direction de la pharmacie populaire du Mali et même la direction générale de l'administration des biens de l'Etat (DGABE).

Chargée de bien gérer ‘'les biens de l'Etat'' comme l'indique sa dénomination, elle fait pire que nulle autre structure. Entre autres faits incriminés à la DGABE le payement des loyers après libération des bâtiments pour plus de 69 millions de Cfa, l'occupation de bâtiments non autorisés et l'inoccupation de ceux sous bail de l'Etat. Cette mauvaise gestion de la direction générale de l'administration des biens de l'Etat, a occasionné un manque à gagner qui s'élève à 589 millions 103 215 de Cfa sur lesquels, révèle le rapport du BVG, 475 millions 820 sont à recouvrer par le trésor public en plus des pénalités.

Le PDES et la corruption

Au regard des rapports émis par le Bureau du vérificateur général et ceux de la Cellule d'appui aux structures de contrôle de l'administration (CASCA, on a l'impression que la justice ne joue pas sa partition en matière de la lutte contre la corruption au Mali. Or, chaque année lors de son allocution à la Nation, à l'occasion de l'accession du pays à l'Indépendance (le 22 septembre), le président ATT a très souvent donné le nombre de rapports transmis à la justice. Mais, aussi écœurant que cela puisse paraître, lors des assises de la Cour d'appel en transport à Sikasso, les dossiers de certains DAF et structures n'ont pas été évoqués.

En analysant le simulacre de lutte qui se mène contre les malversations financières, on a des bonnes raisons de ne pas croire au fameux Programme de développement économique et social (PDES) qui promettait monts et merveilles aux Maliens. Notamment, en réprimant dans beaucoup de domaines les pratiques malsaines. En réalité, l'opinion nationale est d'accord que le Mali est loin d'être un pays pauvre.

Il souffre plutôt des maux qui ont pour nom : la mauvaise gouvernance, le détournement du denier public au su et au vu de tout le monde et, enfin, l'impunité dont jouissent ceux qui s'adonnent aux crimes économiques. Cet état de fait très déplorable a, par conséquent, fini par créer chez les citoyens une kyrielle de sentiments à contenu et révoltant. Particulièrement, le dégoût qui, à son tour, a abouti au discrédit et à la défiance de la justice étendus aux femmes et hommes qui dirigent les institutions de la République. Ce sentiment général a, aujourd'hui, atteint une dimension alarmante à telle enseigne, qu'il est difficile de converser sur les chantiers de développement menés par les autorités.

En effet, les Maliens jettent un regard trop négationniste sur leurs dirigeants. Alors que ces deniers, faut-il le souligner, ne sont jamais tous mauvais de façon simultanée. Le hic c'est que les secteurs les plus pourris sont ceux qui sont censés assurer le soubassement du pays.

La retouche de la CSTM

Par ailleurs, on se rappelle, lors du 1er mai 2008 (fête internationale du travail), le secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) Hamadoun Amion Guindo, en s'érigeant contre le coût de la vie chère au Mali avait demandé la fermeture pure et simple du Bureau de vérificateur général. « La corruption et la gabegie sont devenues des pratiques courantes baignant dans l'impunité absolue », avait-il dénoncé. Estimant que si les rapports déposés par le BVG ne reçoivent pas de suite, il fallait avoir le courage de le fermer tout comme le contrôle général et les inspections des services publics.

S'agissant des exonérations, Hamadoun Amion Guindo pense qu'elles constituent une autre forme voilée de détournement du denier public. Car, laisse-t-il entendre, elles seraient délivrées à des amis opérateurs économiques ce qui explique, ajoute le secrétaire général de la CSTM, l'absence de leur impact sur le prix des denrées de première nécessité au Mali.

« Je demande aux autorités de regarder le peuple Malien en face, d'évaluer sa misère et le sacrifice qu'il a consentis pour que le Mali soit ce qu'il est aujourd'hui », avait-il plaidé. A rappeler que Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) a été créée lors du congrès constitutif du 28 avril 1998. Elle a obtenu son acte de conformité le 26 juin 1998.

Les intellectuels freinent le développement

En conclusion, les savoirs et expériences de certains hommes et femmes ne sont mis exclusivement qu'au seul service de la destruction de leur pays, pour lequel, ils ont pourtant suivi de longs et riches cursus académiques. Nos grands parents dont la plupart ne sont pas allés à l'école, soutiennent mordicus que l'ère de l'instruction n'a rien apporté à nos pays africains, que misère et désolation. Cela n'est-il pas vrai ? Ces grands économistes et autres financiers, pour la plus part, ne savent que se pavaner dans les rues et arpenter les allées en faisant savoir aux gens qu'ils ont fréquenté de grandes écoles. Mais, en réalité, ils sont les tout premiers ennemis du pays à cause de leurs comportements qui engendrent trop de maux.

En zombies, ils maîtrisent les dédales d'obtention et de décaissement des différents fonds de l'Etat. Pour s'en accaparer, ils créent des projets et Ong de toutes pièces et bonjour aux pratiques scandaleuses. Le vocable ‘'enrichissement illicite'' se contentera de se faire résonner comme un simple qualificatif. Jamais la sanction n'est prise pour venir à bout du phénomène.

Du coup, ces intellectuels sans scrupule pillent les caisses de l'Etat afin de s'enrichir, s'il le faut, sur la tombe de leurs concitoyens. « Si une seule personne bouffe la part de plusieurs dizaines d'autres, ça ne marchera pas » a-t-on l'habitude d'entendre dans les grins. En tout cas, tout laisse croire que la création le 25 août 2003, du Bureau de vérificateur général (BVG) perçu à l'époque, comme une panacée contre la corruption et la délinquance financière au Mali, est loin d'être le cas.

En tant que structure de sommité en matière du contrôle, ses rapports n'inquiètent point personne ! Alors que les charges de son existence (budget de fonctionnement et salaire du personnel) sont onéreuses au trésor public Malien. N'est-il pas grand temps pour la classe d'intellectuels africains de se ressaisir ?

Sékou Coulibaly le Guido

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