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Prix du sucre au Mali : Les trois raisons d’une augmentation

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altLe ministre de l'Industrie, des Investissements et du Commerce, Ahmadou Diallo, avec à ses côtés le Directeur national du commerce et de la concurrence, Mahamane Ansoumane Touré, a tenu une conférence de presse, le vendredi 29 janvier 2010, dans la salle de conférences de son département. L'objectif de la rencontre était d'échanger sur la problématique du prix du sucre et la situation actuelle de cette denrée au Mali et sur le marché international.

 

 

«Il est vrai que le sucre est sucré, mais il commence à devenir amer». C'est sur cette phrase que le ministre Ahmadou Abdoulaye Diallo a commencé son exposé. Il en ressort principalement, s'agissant de la problématique de l'approvisionnement de notre pays en sucre, que le marché est actuellement caractérisé par une hausse continue des prix, augmentation qui se justifie par un accroissement de la demande, alors que l'offre est en baisse. Cette baise de l'offre s'explique, d'une part, par la production de biocarburant à partir de la canne à sucre et les mauvaises récoltes en canne de la dernière campagne agricole, en raison de la sécheresse dans les pays asiatiques.

 

La campagne 2008/2009 a ainsi été marquée, au niveau international, par une diminution de 7 millions de tonnes de la production mondiale de sucre par rapport à la campagne 2007/2008. L'offre mondiale est donc passée de 169 millions de tonnes à 162 millions de tonnes, soit une baisse de 4,14%. Dans le même temps, la consommation mondiale a connu un accroissement 2,2%, pour se fixer à 166 millions de tonnes de sucre. Pour la campagne 2009/2010, les prévisions font état d'un déficit de 12 millions de tonnes. Cette baisse de la production serait liée au repli de la production de l'Europe, qui est passée de 18,1 millions à 16,5 millions de tonnes.

 

S'agissant du marché national, il est marqué par une insuffisance de l'offre locale par rapport aux besoins de consommation. La production nationale pour la campagne 2009-2010 est estimée à 36 000 tonnes, soit environ trois mois de consommation. Les besoins nationaux de consommation étant estimés à 150 000 tonnes par an, le gap (trou à combler) à importer est évalué à 140 000 tonnes. Du coup il sera procédé à l'importation du reliquat de 114 000 tonnes, soit 76% des besoins de consommation nationale.

 

Pour ce qui est de l'évolution des prix du sucre sur le marché international et de l'augmentation du cours mondial amorcée depuis janvier 2009, il a été enregistré une hausse de 30% sur le sucre brut et une de 15% sur celui du sucre raffiné. Sur les marchés du district de Bamako, le kilogramme de sucre a été vendu entre 450 et 500F CFA. En ce qui concerne la sous-région, les prix  varient entre 550 et 700 FCFA. Par exemple, le marché du Burkina Faso a été le moins cher, avec 550FCFA /kg, tandis que ceux de Dakar et d'Abidjan ont été les plus chers, avec des prix atteignant 700F CFA/kg.

 

Partant de l'opération jumelage, les achats à Sukala ont porté sur 9.203 tonnes, soit 25,56% de la production nationale, estimée à 36.000 tonnes. Sur cette quantité, les enlèvements ont concerné 7159 tonnes. Il a été constaté qu'à la date du 28 janvier 2010, Sukala Sa disposait d'un stock de 12 545 tonnes de sucre. Par contre, la société Grand Grenier du Bonheur, suivant l'attestation d'achat Sukala Sa du 18 janvier 2010, a levé des intentions d'importation pour 5 311,350 tonnes, correspondant à une quantité de 1.770,450 tonnes achetées à Sukala. Cependant, elle avait déjà effectué des opérations d'importations portant sur 6.572 tonnes, sur une quantité planifiée de 8.088 tonnes, correspondant aux mois de décembre 2009 et janvier 2010.

 

Le ministre Ahmadou Abdoulaye Diallo a souligné que le sucre coûte beaucoup plus cher à l'importation,  soit 603 Francs le kilogramme, que celui que nous exportons, à 409 Francs. A l'en croire, cette année, le sucre de Sukala est très compétitif sur le marché international, d'où la particularité enregistrée cette année avec la signature d'un cahier des charges.

 

Pour le mois de Ramadan, les Maliens peuvent dormir tranquilles, car, selon le ministre Diallo, la quantité du sucre qui est réservée est de 15 500 tonnes. La quantité de sucre Sukala SA couvrira, à elle seule à tous leurs besoins pendant le carême. En conclusion, le ministre de l'Industrie, des Investissements et du Commerce, réitérera sa préoccupation principale aujourd'hui: avoir toujours du sucre disponible à la consommation sur le marché malien.

Kandia Coulibaly  22 Septembre

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