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Sommet de l’UA : Priorité au secteur agricole

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3131_2La première journée du 13è sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine a été entièrement consacrée aux discussions sur le développement de l'agriculture en Afrique. Si rien pour l'instant n'a filtré de cette rencontre qui s'est poursuivie jusque tard dans la nuit, ici à Syrte en Libye de nombreux observateurs s'accordent à admettre que ces assises vont constituer un tournant majeur dans la vie de l'organisation du fait que pour la première fois l'agenda politique a été légué au second plan au profit du thème directeur de la conférence.

 

En effet de l'avis de nombreux experts présents ici, Syrte doit marquer le début d'une nouvelle ère pour les paysans africains. Les petits exploitants agricoles qui constituent les plus grands contributeurs au PNB dans de nombreux pays et qui sont une partie intégrante du développement, jouent un rôle de cheville ouvrière dans la plupart des économies africaines.

Cependant depuis de nombreuses années, les gouvernements africains eux mêmes et la communauté internationale ont à plusieurs reprises négligé et sous investi dans l'agriculture et le développement rural.

Investir dans l'agriculture doit aller de pair avec la solution aux problèmes de marginalisation qui affectent des pans entiers de la société africaine. Aussi selon un récent rapport de Oxfam rendu public ici à Syrte, les pays africains qui sont en bonne voie pour atteindre les objectifs de Maputo sont le Mali, l'Ethiopie, Madagascar, le Malawi, le Sénégal et le Zimbabwe. Ces objectifs exigent des pays africains de consacrer 10% de leur budget national aux investissements dans le secteur de l'agriculture.

Cependant dans certains de ces pays, le volume des investissements n'est-il pas en harmonie avec la politique agricole ou la participation des groupes marginalisés ou des paysans ?

D'une manière générale les investissements publics dans l'agriculture sur le continent ont baissé de 75% durant la fin des années 80 et 90 et sont demeurés faibles depuis lors avec une moyenne de quatre milliards de dollars (environ 2000 milliards Fcfa) par an.

A l'opposé, depuis 2009 il a été injecté dans le secteur financier international 8700 milliards de dollars (4350 billions Fcfa), afin de relancer le flux commercial et le crédit. Tout semble indiquer que la communauté internationale perd de vue que la croissance agricole mondiale et les moyens de subsistance des populations rurales ne peuvent être améliorés et la pauvreté être réduite sans un investissement public adéquat tant sur les montants que sur la destination, notamment dans les domaines de la recherche et du développement agricoles, du développement rural et des secteurs associés tels l'éducation, les infrastructures, la santé et l'environnement.

Un rôle plus important.

Face à la faible rentabilité des investissements dans ces secteurs, donc du faible intérêt du secteur privé, les experts pensent que le secteur public ou non lucratif doit jouer un rôle plus important. Les impacts de tels investissements en terme de réduction de la pauvreté et non en simple terme de rentabilité financière en font une stratégie payante. Toutefois face à l'extrême diversité des situations, un modèle de développement unique ne sera pas efficace, préviennent-ils.

De leur point de vue, les investissements dans l'agriculture doivent être adaptés aux conditions et aux acteurs en présence dans des zones différentes. ?Les investissements dans l'agriculture doivent être dirigés vers les personnes. La capitalisation des connaissances en particulier celles des femmes dans les zones rurales et le soutien à des méthodes agricoles durables doivent être des priorités.

Les financements doivent être impulsés par la demande et englober une combinaison d'éléments comme la recherche scientifique de pointe, des modèles de développement et de diffusion des technologies peu coûteuses. Il convient aussi de placer l'agriculture dans les préoccupations des bailleurs de fonds pour réduire la pauvreté, investir davantage et plus judicieusement tout en reconnaissant la diversité des environnements et des investissements qui sont liés.

Il s'agira aussi de combler le vide laissé par le secteur privé, étant donné que les investisseurs privés jugent les investissements dans le secteur agricole peu rentables. Il faut aussi renforcer durablement les conditions de vie des ?populations rurales, investir dans les zones marginales, soutenir des technologies adaptées, investir dans les besoins des femmes tout en considérant la personne humaine comme la principale ressource à développer prioritairement. ?

Ce catalogue de bonnes intentions ne saurait se concrétiser que dans une synergie d'actions de tous les États africains. C'est pour cela que le Guide de la révolution libyenne, le colonel Mouammar Khadafi milite pour la création des États-Unis d'Afrique drivés par un gouvernement de l'Union et une Autorité de l'Union (ex commission de l'UA) dotés de pouvoirs plus étendus. La question divise les chefs d'États et de gouvernement depuis le sommet d'Accra, il y a deux ans. Mouammar Khadafi n'a pas caché ici son agacement face à une situation qui n'a que trop duré de son point de vue.

La seconde journée du sommet a été consacrée à cette épineuse question, ainsi que la permanence du fléau des changements constitutionnels et les conflits récurrents. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.

Envoyé spécial

B. COULIBALY

Written by :
Aminata Mariko
 
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