Près d'une semaine après les attaques de Menaka, Aguel Hoc e Tessalit, toutes revendiquées par le Mouvement National de Libération de l'Azawad, (Mnla), la guerre psychologique fait rage avec ses bilans contradictoires, son lot d'intox et de raccourcis. Bilans contradictoires d'abord : c'est dans l'ordre normal de l'état guerre. Menaka comme Tessalit et Aguel Hoc ont donné lieu à deux bilans : celui de l'armée et celui du Mnla, avec chacun revendiquant naturellement le dessus. Les sources indépendantes sont rares car les communications sont perturbées dans les localités attaquées dont les populations se terrent et ne sont pas, par conséquent en mesure, de dire ce qui se passe réellement.
Pour ce qui est de Menaka, on sait seulement que les deux camps de la ville ont été repris par l'armée le jour peu de temps après être tombés aux mains des assaillants qui, semble t-il, ne les avaient pas attaqués pour y rester. Des sources locales affirment, en effet, que le gros des troupes du Mnla ont préféré s'abriter derrière les dunes de Intallack, à une dizaine de kilomètres au Nord-Est de la ville pendant que l'armée occupe le camp de garde au Sud-Ouest.
Dimanche, les deux forces se regardaient en chiens de faïence. Pas pour l'instant, craint un habitant : « nous avons ordre, par les rebelles, d'évacuer incessamment la ville ». Des combats seraient imminents entre les hommes du colonel Bamoussa Diarra, déserteur de l'armée, et ceux du colonel Didier Dakouo qui avait assuré, samedi sur les antennes de la radio nationale, que la ville est sous son contrôle. Quel que soit le côté qui l'annonce, l'attaque de Menaka aura fait une dizaine de morts. Dont le colonel Assalat Ag Abi, l'ancien commandant militaire de Menaka ? « Il n'était pas à Menaka mais plutôt à Tessalit ».
Un des chefs emblématiques de Zakak, la base des indépendantistes, Assalat est-il mort néanmoins ? La rumeur a enflé tant dans les rangs de l'armée que des assaillants. Sa voiture, c'est certain, est sortie calcinée d'une embuscade. Et lui-même ne répondait plus sur son Thuraya, avaient vérifié certains de ses proches. « Il est bien vivant », assurent, pourtant certains de ses proches. Le moins qu'on puisse dire est que jusqu'à hier, l'officier chamanas était « porté disparu ». Le Mnla, dans un communiqué repris par la presse internationale avait annoncé le même sort au Colonel Ould Meydou de l'armée loyaliste, suite à une embuscade dans la zone d'Aguel Hoc.
Cela aurait été un gros exploit de guerre, tant le prestige de l'officier arabe est grand et sa valeur militaire reconnue. Manque de pot pour la communication du Mnla, Ould Meydou en bonne forme a démenti les rumeurs de sa blessure ou de sa mort au journal télévisé du samedi. Qu'il ait perdu beaucoup de ses hommes et de son matériel dans ladite embuscade, fait pourtant peu de doutes. Qui est derrière l'attaque d'Aguel Hoc ?
Les noms d'Iyad Ag Ali et Cheik Haoussa reviennent souvent. Mais l'ancien chef du Mpa qui aurait repris le maquis il y a deux mois, n'a pas revendiqué. Reste que le « téléphone arabe » lui attribue le carnage d'Aguel Hoc. Il voudrait, lui, d'une République Islamique et pourrait compter, dit-on, sur l'appui d'Aqmi dans ce combat.
Adam Thiam
Le Républicain du 23 Janvier 2012
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Bilan des combats entre l'armée et les bandits armés à Aguel Hoc et Tessalit : 45 bandits tués, de nombreux autres blessés et des véhicules détruits
C'est le deuxième communiqué diffusé par le ministère de la Défense et des anciens combattants qui l'annonce. A l'issue des violents combats qui ont éclaté, le mercredi 18 janvier, à Aguel Hoc et Tessalit, localités situées dans la région de Kidal, près de la frontière algérienne, les pertes enregistrées par les bandits armés sont énormes : 45 tués dont 35 à Aguel Hoc et 10 à Tessalit, de nombreux blessés et véhicules détruits. Du côté des forces armées et de sécurité, on déplore deux morts (un à Aguel Hoc et un autre à Tessalit) et 10 blessés dont 7 à Aguel Hoc et 3 à Tessalit. Au regard de ces statistiques, on constate que c'est à Aguel Hoc, localité située entre Kidal et Tessalit, que les combats ont été les plus violents.
Depuis le mardi 17 janvier, notre armée fait face à des bandits armés qui ont attaqué certaines localités du septentrion, notamment Ménaka dans la région de Gao, Aguel Hoc et Tessalit dans la région de Kidal. Dans la première localité, après avoir attaqué par surprise et saboté les moyens de communication, les bandits armés, face à la riposte foudroyante de nos soldats, ont fui. Blessés dans leur faux orgueil, ils ouvrent simultanément, le lendemain 18 janvier, deux autres fronts à Aguel Hoc et Tessalit. Les pertes enregistrées par les bandits armés, 45 tués, s'expliquent par la violence des combats du mercredi 18 janvier.
Après cette déculottée, les bandits armés n'ont plus fait parler d'eux jusqu'à l'instant où nous bouclons cette édition. Aucune attaque n'a été signalée nulle part dans le désert. Tout se passe comme s'ils ont compris la leçon et ne semblent pas se remettre de la sévère correction qui leur a été infligée. Toutefois, l'armée doit rester vigilante et maintenir le cap de la riposte foudroyante. Ainsi parle-t-on de l'imminence d'une attaque sur Tombouctou la Cité mystérieuse. Une source sécuritaire que nous avons contactée sur place a confirmé cette information tout en se voulant rassurant : « Depuis quelques jours toutes les forces armées et de sécurité de Tombouctou sont en état d'alerte maximale.
Ce n'est pas ici seulement, puisque le pays est en situation de guerre, ce sont toutes les unités, sans exception, sur toute l'étendue du territoire national, qui sont sur le qui-vive » a précisé notre source. Une information corroborée par le président ATT lui-même qui, lors de l'inauguration du Carré des Armées, le vendredi 20 janvier, à Sotuba ACI, a déclaré à l'attention des soldats de front : « Tenez bien, tenez bon, nous viendrons en cas de besoin ».
La veille, dans son traditionnel message à l'occasion de la fête de l'armée (20 janvier) le président de la République, Amadou Toumani Touré, avait révélé que les forces armées et de sécurité disposent « d'une dizaine d'aéronefs de combats et de transport ». C'est dire qu'il n'y a pas lieu pour les populations de s'inquiéter outre mesure, quand on sait que depuis des semaines, suite au retour d'anciens combattants libyens avec armes et bagages, l'armée a considérablement renforcé sa présence sur le terrain. Conformément à ses missions de sécurisation du territoire, des personnes et leurs biens, les soldats useront de tous les moyens pour rétablir la paix et la sécurité en éliminant tous les bandits armés qui troublent la paix sociale et ternissent l'image de marque de notre pays, aidés en cela par une certaine presse occidentale qui continue de leur donner la parole pour intoxiquer de l'opinion nationale et internationale.
D'ailleurs, c'est pour rassurer les populations maliennes que le Général Gabriel Poudiougou, chef d'Etat-major général des Armées, qui a installé son QG à Gao depuis le début des hostilités, a rompu le silence sur RFI hier dimanche 22 janvier dans la matinée.
Il a écarté toute idée de cessation des combats tant que le pays est attaqué par des bandits armés, rappelant que « la sécurisation du territoire national, des personnes et de leurs biens sont les missions régaliennes de l'Armée ». Le Général Poudiougou en a profité pour donner la parole au Colonel-major Ould Meydi, l'un des hauts responsables de l'armée malienne au nord et bête noire des bandits armés, que la « radio mondiale », sur la base des informations ventilées par les bandits armés, avait donné tantôt pour grièvement blessé, tantôt entre vie et mort.
Celui-ci a déclaré à haute et intelligible voix : « Pour ceux qui disent que je suis grièvement blessé ou mort, me voici. Je me porte bien et je conduis les opérations. Ce qui se passe au nord n'est pas une rébellion. Ils n'ont pas compris que c'est ensemble que nous allons travailler au développement du Mali qui, il faut le dire, ne se fera pas seulement que dans les régions du nord ».
Diakaridia YOSSI
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