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Code de la Famille à la Grande mosquée de Bamakom Fatwa électorale contre les députés

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« En votant le nouveau Code de la famille, les députés de l'Assemblée nationale ont trahi le Mali et le peuple tout entier. En conséquence, nous allons le sanctionner tous, nous en avons les moyens. Mais, pour le moment, l'heure est à la vigilance et à la sagesse : restez derrière nous. Car nous sommes mieux placés plus que quiconque pour décider ce qu'il faut faire et à quel moment devant une telle situation », s'est adressé le président du Haut conseil islamique du Mali, Mahmoud DICKO, à une foule de fidèles qui avait très tôt pris d'assaut, hier, la grande mosquée de Bamako, lors d'une séance compte-rendu.

 

 

 

Les musulmans du Mali ont été informés, dimanche dernier, de tout le processus qui a conduit au vote de la loi sur le nouveau Code de la famille par les députés de l'Assemblée nationale. Les représentants du Haut conseil, qui ont participé aux différents travaux de réalisation dudit document, ont fait le compte-rendu fidèle de leur mission aux fidèles musulmans.

La cérémonie, qui a drainé des milliers de religieux, était présidée par le président du Haut conseil islamique du Mali, Mahmoud DICKO, en la présence de plusieurs personnalités du monde musulman. Il s'agit, entre autres, de l'Iman de la Grande mosquée, Kokè KALLE ; Bamoussa TOURE, coordinateur des chefs de quartier du district ; le secrétaire général du HCIM, Mamadou DIAMOUTENE ; le secrétaire à la jeunesse, Moussa BAH ; le représentant des familles fondatrices de Bamako, Bassidiki TOURE ; et un homme politique fidèle parmi le fidèles musulmans, le colonel Youssouf TRAORE.

 

Les musulmans écartés

 

Le secrétaire général du Haut conseil islamique du Mali a expliqué les méthodes utilisées par les pouvoirs publics pour écarter toutes les propositions des représentants de la communauté musulmane dans le processus d'élaboration de cette loi. « Du début jusqu'au jour où la loi a été votée, le Haut conseil islamique, à travers ses représentants, était là. Mais nous avons toujours été mis à minorité par les défenseurs de « Satan », malgré la force de nos arguments. En effet, on a toujours prétexté que nous sommes minoritaires à chaque fois que nous n'étions pas d'accord lors des travaux de commission », a expliqué M. DIAMOUNTENE. C'est ce qui s'est passé en octobre, lors l'atelier du 9 juillet au Centre Awa KEITA, et à plusieurs rencontres avec les autorités et les députés. Contrairement aux promesses du président de la République qui nous avait rassurés qu'il ne prendrait aucune démarche qui va à l'encontre des valeurs fondamentales de notre pays, cette loi est contraire à nos valeurs et à notre religion, s'est indigné le secrétaire général. « Nous allons défendre notre religion à tout prix », a-t-il lancé au milieu d'une grande acclamation.

 

Haute trahison

 

Puisque le Code qui vient d'être voté fait office de loi et s'impose à chaque citoyen désormais, le secrétaire général de la jeunesse musulmane a demandé aux musulmans de faire face à cet acte qui s'apparente à une trahison pure et simple. « Ce qui s'est passé devant moi à l'Assemblée nationale, le jour du vote, est un acte déplorable et inquiétant pour l'avenir du Mali », a-t-il regretté.

Le représentant des familles fondatrices de Bamako a indiqué qu'il s'agissait d'un hold-up contre le peuple et le pays. Par conséquent, selon lui, c'est un acte qui ne doit pas rester impuni. « Ils ont fait ce qu'ils pouvaient faire. Mais si ces députés arrivent à se faire réélire la prochaine fois avec vos suffrages, Dieu vous jugera au même titre qu'eux, pour la simple raison que vous avez participé, avec ces députés, à contrarier le Tout Puissant, Allah », a-t-il menacé.  

 

Entêtement de Koulouba

 

Mahmoud DICKO, pour sa part, a dénoncé l'entêtement des pouvoirs publics du Mali à vouloir coûte que coûte faire passer cette loi dans la précipitation. Cependant, tranche-t-il, le vote de cette loi apparaît à tous égards comme une trahison, un acte contraire aux engagements pris par le président de la République lui-même aux musulmans. « Lorsque j'ai rencontré ATT, je lui ai demandé de ne pas précipiter les choses parce que le Code, en tant que tel, contenait des atteintes graves à nos valeurs et à la religion musulmane. Mais il m'a rassuré qu'il ferait tout pour préserver ces valeurs auxquels je faisait allusion », a révélé le président. « Mais, à ma grande surprise, on m'a informé que le code était déjà devant les députés. Lorsque je suis venu voir le président de l'Assemblée nationale en personne, pour lui demander de temporiser les choses parce que j'y voyais des menaces très sérieuses, il m'a répondu que c'était difficile », a-t-il poursuivi. « Là, j'ai été surpris que des hommes investis d'un tel pouvoir agissent de cette façon », a déploré M. DICKO.

 

Destruction programmée

 

Cette loi est l'arbre de la destruction programmée du Mali, selon Mahmoud DICKO. Car, c'est les générations futures qui seront victimes de ces conséquences. Pour lui, il s'agit d'une provocation, d'un piège que les musulmans doivent éviter à tout prix. « Nous savons pourquoi et où le complot est préparé », a-t-il fait savoir. « Pourquoi veut-on faire croire à l'opinion qu'il n'y a rien dans ce texte contre la société et l'islam, comme si nous qui nous agitons sommes des ignorants ? Mais nous ne sommes pas des ignorants en la matière, point du tour ; car nous savons ce qui se prépare et par qui », a martelé le leader musulman.

« Nous allons tout faire pour défendre les fondements de cette société et surtout notre religion. Car nous préférons cette religion à tout le pays et à son contenu et nous sommes prêt à le défendre contre toute menace destructrice», a menacé le responsable du Haut conseil islamique du Mali.

« Nous ne réagirons pas aujourd'hui, notre plan de guerre restera secret pour le moment. Mais pour le moment, nous préférons taire les noms », a-t-il tempéré. Car, selon lui, il s'agit d'une responsabilité partagée. « Ces députés sont nos représentants. Nous avons voté pour qu'ils soient à l'Assemblée nationale », a-t-il expliqué.

 

Ultimatum à Koulouba

 

«Vous comprenez maintenant le sens de notre combat, depuis 2002, pour amener les gens à s'intéresser à tout ce qui se passe sur le plan politique. Il ne s'agit pas de devenir président ou ministre, mais une façon de préserver ce que nous défendons. C'est en votant et en participant activement à la vie politique que les musulmans parviennent à imposer leur choix », s'est-il défendu en invitant les musulmans à se servir de leur vote comme une arme politique.

Mais il mis en garde les autorités comme quoi le Mali n'est pas le Nigeria. « Si on est parvenu à marcher sur de cadavres au Nigeria sans problème, il faut que nos hommes politiques se détrompent rapidement. Car  le Mali n'est pas le Nigeria.

Pour calmer les fidèles musulmans qui étaient décidés à en découdre avec l'institution de Bagadadji, le président du Haut conseil islamique a donné un ultimatum de 10 jours à ATT pour qu'il reconsidère les amendements proposés par son organisation. Au-delà, il a dégagé toute sa responsabilité de tout acte qui pourrait en découler.   

Par Sidi DAO           

Written by :
Aminata Mariko
 
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