Surprise et trahie par le président de la République et les députés, l'Union nationale des associations des femmes musulmanes du Mali (UNAFEM) a organisé, le samedi dernier, un meeting sur l'adoption du nouveau code, à la Grande mosquée de Bamako. .
L'adoption de ce nouveau code de la famille et des personnes va profondément bouleverser la société malienne et continuer, pour les siècles à venir, avec le même résultat qu'en Occident. En votant ce code de la famille, les députés de l'Assemblée nationale ont trahi la population malienne, selon la présidente de l'UNAFEM, Hadja Safiatou DEMBELE.
Cette cérémonie était animée par deux prêcheuses qui sont Mme Salimata SISSOKO et Mme Mariam COULIBALY. Ces deux femmes ont respectivement expliqué le contenu du code de la famille et des personnes avec certains points du code qui ne vont pas avec la religion musulmane. Pour elles, ce code qui vient d'être voté fait l'objet de loi et s'impose à chaque citoyen en général. Aussi, les femmes, plus particulièrement, vont-elles faire face à cet acte qui s'apparente à une trahison pure et simple. Car, selon elles, cette démocratie du président ATT commence à leur faire peur et elles ne souhaitent pas inciter les musulmanes à la violence, car la violence est contraire à la religion musulmane. Quant aux députés qui ont voté cette loi, ils pensent avoir donné à la femme les droits qui lui reviennent. Mais, ont-elles prévenu, c'est plutôt une manière de pousser les femmes dans le feu de l'Enfer.
Avoir de la bonté pour son conjoint, ont expliqué les conférencières, c'est avoir de la miséricorde pour lui, s'occuper de son bien-être, partager ses peines et ses joies, en un mot : vivre ensemble, à deux. Le Prophète n'était-il pas venu se réfugier auprès de son épouse Khadîdja lorsqu'il avait été effrayé par la première manifestation de l'ange ? Et Khadidja n'avait-elle pas pris le temps de le réconforter par des paroles apaisantes, puis de l'emmener plus tard auprès de son cousin Waraqa ? (Rapporté par Al-Bukhârî), a souligné Mme Salimata SISSOKO.
Plus grave, ont dénoncé les conférencières, au sujet du mariage religieux. Le code n'en fait même pas cas. Pour le caractère novateur du code de la famille, on a interdit le culte religieux. C'est une absurdité dans un pays comme le nôtre où la majorité de la population est d'obédience religieuse. Dans un tel contexte, on voit bien que faire abstraction de la sensibilité religieuse équivaut à une continuation qui n'a d'égal que l'ignorance des subtilités culturelles qui fondent la société.
En tous les cas, on ne construit pas une société en s'attaquant à son fondement. C'est du moins ce que pensent les femmes musulmanes : le nouveau code souligne que désormais le « devoir d'obéissance » n'est plus le propre de l'épouse vis-à-vis de l'époux. C'est tout un pan de la tradition ou du trait culturel qui s'effrite avec une telle innovation textuelle. Quand on veut détruire la société chez nous, on inculque des choses comme cela, a regretté Mariam COULIBALY. Ainsi, elle a précisé que dans toutes nos familles, on éduque la femme dans le sens qu'elle doit être docile et se soumettre à son mari afin que ses enfants puissent avoir le bonheur et la bénédiction durant leur vie. Mais avec ce nouveau code, quelle sorte de mariage aurons-nous désormais quand une femme n'est pas obligée de travailler pour son mari, s'est-elle posé la question.
Pour toutes ces raisons, les conférencières ont informé que les femmes de l'UNAFEM ne se reconnaissent pas dans ce code voté par l'Assemblée Nationale, mais plutôt les femmes qui veulent ressembler aux Européennes, notamment certaines associations de femmes qui sont contre la pratique de l'excision.
Par Salimata DIOUARA (stagiaire)
Encadré
Déclaration après le meeting de l'UNAFRM, suite à l'adoption par l'Assemblée nationale du Code des personnes et de la famille, signée de la présidente de l'UNAFRM, Hadja Safiatou DEMBELE :
-
- Considérant l'un des objectifs de l'UNAFEM clairement défini dans l'aliéna 2 de l'article 2 de ses statuts, qui dispose:«Promouvoir et défendre avec détermination l'islam conformément aux dispositions du Saint Coran, de la Sunna du Prophète Mouhammad (BSDL) et qui demeurent les seules valeurs de référence pour l'organisation dans la poursuite de ses activités»;
-
- Considérant les références coraniques et hadihts citées par nos deux intervenantes;
-
- Considérant le document du haut conseil islamique du Mali remis à la commission de lois de l'assemblée Nationale, le lundi 27 juillet 2009, et qui relève de nombreuses dispositions du code jurant avec nos valeurs sociétales et religieuses;
-
- Considérant la non prise en compte dans le code d'une des plus grandes réalités sociales au Mali qu'est le mariage religieux;
-
- Soucieuses de la préservation et du renforcement de l'harmonie familiale et sociale au Mali;
Nous, militantes des association islamiques féminines membres de l'Union nationale des association des femmes musulmanes du Mali, ne nous reconnaissons pas dans ce code des personnes et de la famille voté, le lundi 03 Août 2009, par l'Assemblée Nationale du Mali, et abusivement présenté comme réalisant l'égalité en droits et en devoirs de l'homme et de la femme dans le foyer.
- 28/09/2009 09:53 - Mali – Union européenne : Les députés maliens à Bruxelles
- 28/09/2009 09:52 - L’imam Mahmoud Dicko :Appel à l'unité des musulmans
- 17/08/2009 09:55 - Grande marche contre le code de la famille : la Démonstration de force des musulmans
- 17/08/2009 09:52 - Télé santé au Mali, Des ambitions plombées !
- 17/08/2009 09:51 - Club de soutien Ali Ben BONGO au Mali, La grande mobilisation des électeurs !
- 17/08/2009 09:46 - Ministère de la santé, La grève illimitée désamorcée !
- 17/08/2009 09:45 - Collectif des partis politiques de Kalaban-Coro, « Les élections ne sont pas annulées pour une seule personne »
- 11/08/2009 10:08 - Le chérif Cheikh Hamaouallah :Un résistant de foi à la colonisation
- 11/08/2009 10:06 - Candidature de Lanceni Balla à la présidentielle 2012, Le CE-Adéma statue demain
- 11/08/2009 10:05 - Dixième camp d’excellence, Les filles scientifiques rendent visite à ATT








