Le Mali tablait sur 96 milliards FCFA auprès des bailleurs de fonds étrangers, mais il a eu 16 milliards de moins à l'issue de la revue budgétaire conjointe dont les travaux ont pris fin vendredi dernier.
Commencée lundi pour se terminer jeudi, la revue budgétaire conjointe entre le gouvernement malien et les bailleurs s'est plutôt terminée vendredi sur une petite note de déception du Mali dont les espérances n'ont pas été comblées à hauteur de souhait. En effet, les Partenaires techniques et financiers (PTF) ont promis un aide budgétaire globale de 84 milliards FCFA pour l'année 2010 contre 96 milliards FCFA sollicités par la partie malienne.
En sa qualité de chef de file des PTF, la représentante résidente du système des Nations Unies, Mme MBaranga GASARABWE, a loué la tendance à la convergence vers plus de « prévisibilité » de l'aide extérieure. Ce, conformément à la Déclaration de Paris qui milite en faveur d'une synergie d'actions pour éviter les chevauchements, mais aussi permettre un minimum de projection ne serait-ce que sur le court terme, à savoir 3 ans.
Pour sa part, le ministre malien de l'Economie et des finances, M. Sanoussi TOURE, s'est réjoui de l'engagement pris par les partenaires techniques et financiers d'améliorer la « prévisibilité » de leur aide tout en procédant, parallèlement, à l'augmentation de son volume. En effet, sur les trois premiers trimestres de l'année 2009, l'apport extérieur au budget d'Etat du Mali s'est élevé à la somme de 70 milliards FCFA ; alors que la prévision annuelle initialement attendue était de 96 milliards FCFA comme indiqué plus haut. .
En tous les cas, diverses questions relatives à l'exécution du budget 2009 et aux orientations que devraient prendre la politique budgétaire malienne en 2010 ont figuré au menu de cette 3ème Revue conjointe Mali-PTF.
A l'issue de la rencontre, les PTF ont préconisé l'accélération des réformes institutionnelles ainsi que l'amélioration et le renforcement des dispositifs institutionnels lutter notamment contre la corruption au Mali.
Mais, selon les observateurs avertis, ces réformes concernent principalement le code des personnes et de la famille dont le sujet fâche en ce moment dans la société malienne.
Il s'agit des questions relatives au respect des droits de l'homme sur deux points essentiels : l'abolition de la peine de mort et l'interdiction de l'excision. Si le second sujet n'est formellement pas à l'ordre du jour, il en va autrement pour le premier qui est programmé fin décembre à l'Assemblée nationale.
La privatisation fait aussi partie des exigences implicites des bailleurs de fonds au nom des équilibres macro-économiques. La société EDM est en première ligne dans cet agenda, car lesdits bailleurs ne tolèrent pas plus de 20% des parts dans le capital d'une société mixte. Or l'Etat malien dispose de 66% dans le capital de EDM après le retrait du partenaire stratégique Saur International.
Quant à la lutte contre la corruption, c'est du pipeau de part et d'autre.
Par Seydina Oumar DIARRA-SOD
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