Alors qu'elles n'ont pas fait l'objet d'enquêtes préliminaires ou même comparus devant une autorité judiciaire poursuivante, des personnalités du pays sont arbitrairement détenues à Kati malgré le retour à l'ordre constitutionnel.
En plus des actes de vandalisme perpétrés la veille et le jour du coup de force le 22 mars 2012 contre leurs bureaux et domiciles, des personnalités du pays ont été interpellées et gardées au camp Soundiata de Kati. Malgré le retour à l'ordre constitutionnel et le rétablissement des institutions de la République sous la pression de la Cédeao et de la communauté internationale, d'ex-membres du gouvernement gardent prison.
Pourtant, la libération des personnes arrêtées fait partie des exigences de la Cédeao de même que l'Ordre des avocats du Mali au nom du principe de respect des droits de l'Homme. La junte s'est engagée le dimanche 1eravril 2012 dans la voie du retour à l'ordre constitutionnel. Mais elle n'a pipé mot du sort des personnes détenues en tout cas, au moment où nous mettions sous presse.
Les personnes arrêtées ne savent pas aujourd'hui pourquoi elles le sont. Analysant la situation, Me Boubacar Soumaré, avocat à la Cour et membre de l'Ordre des avocats, explique « que toutes les personnalités qui sont arrêtées le sont en violation de la loi ».
Attaché au respect des droits de l'Homme, Me Soumaré motive sa déclaration par le fait que les personnes arrêtées n'ont été reçues par aucun magistrat encore être entendu par un juge pour leur reprocher une infraction. « Aucune enquête préliminaire n'a été entreprise à leur encontre. Elles sont à Kati, simplement parce que des policiers se sont présentés à leur domicile pour les conduire au camp Soundiata », dénonce l'avocat.
D'où le caractère illégal à ses yeux de leur détention pendant des jours. Pour Me Boubacar Soumaré, « tant qu'une autorité judiciaire dûment habilitée n'a pas établi la culpabilité des personnes arrêtées, elles sont supposées l'être arbitrairement ».
Se disant affligé par la détention arbitraire de certaines personnalités, Me Soumaré ajoute « que pour l'heure un avocat ne peut pas se constituer pour leur défense ». Cela est d'autant plus simple qu'un avocat se constitue toujours « devant une autorité judiciaire poursuivante et non une autorité militaire de fait », tranche Me Soumaré. Et de réitérer que l'Ordre des avocats exige la libération des personnes arrêtées arbitrairement.
Mohamed Daou
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