L'insécurité, qui sévit au nord de notre pays à travers les attaques du groupe d'Ibrahim Ag Bahanga, exacerbe la jeunesse notamment le Cadre de réflexion et d'action des jeunes (Craj). Cette association appelle à travers des tracts au réveil des consciences.
« A bas Kadhafi, parrain des bandits et mercenaires » , « Non au retour des bandits et mercenaires dans l'armée » : telles sont quelques-uns des affiches et tracts que les Bamakois découvrent présentement sur des places publiques et artères de la capitale.
Ces slogans hostiles au dirigeant libyen et qui dénoncent le laxisme de nos plus hautes autorités dans la gestion du problème du Nord seraient l'œuvre du Cadre de réflexion et d'action de la jeunesse (Craj). En effet, la crise au nord est devenue une affaire qui préoccupe particulièrement les jeunes qui voient en elle un handicap majeur au développement du pays et particulièrement des régions du Nord.
Ce mécontentement d'une partie de la jeunesse malienne, supposée proche du président de la République, n'est pas fortuit. Il traduit le ras-le-bol de la jeunesse face à une gestion laxiste du groupe de Bahanga par le pouvoir et une allégeance de l'Etat malien à la Libye et le Frère Guide de la Jamahiriya.
Jusqu'à une date récente, les Maliens, particulièrement les jeunes, éprouvaient une grande sympathie pour le Frère Guide de la révolution libyenne. En témoignent les accueils chaleureux que cette jeunesse lui avait toujours réservés lors de ses visites au Mali.
Sur le plan de la coopération, la Libye est un partenaire indéniable du Mali en matière de coopération sud-sud. Elle contribue au développement du Mali à travers d'importants projets comme l'irrigation de milliers de terres à l'Office du Niger, le financement des travaux de la Cité administrative devant abriter des départements ministériels, la gestion des ex-hôtels de l'Amitié et du Kempinsky, etc.
Mais, faudra-t-il pour autant fermer les yeux sur le fait qu'il apparaît de plus en plus clair que Bahanga et sa cohorte de tueurs ont de soutiens en Libye ? Si dans le discours tenu au peuple, notre « ami » du bord de la Méditerranée semble s'impliquer activement du côté des autorités dans la recherche de solution, dans la pratique et dans les faits tel ne semble pas être le cas.
D'où ces messages quelque peu inamicaux du Craj et qui véhiculent, n'ayons pas peur des mots, un sentiment quasi-général. Car comment comprendre qu'un État souverain puisse accepter de négocier avec des bandits ou des narcotrafiquants ? Quelle armée républicaine accepterait en son sein des bandits ou narcotrafiquants ?
Si ce n'est pas encore le désamour entre le peuple malien et le dirigeant libyen, le Craj, lui, prend désormais ses distances.
Denis Koné
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