Actuellement la production musicale en République du Mali est durement éprouvée par la piraterie. Pour circonscrire ce fléau, l'Association des Editeurs et Producteurs Phonographiques du Mali (AEPPM) a organisé le 18 février dernier au Palais de la Culture, un atelier sur le thème "production musicale au Mali : Enjeux et Perspectives".
L'ouverture des travaux a été officiée par le ministre de la Culture, Mohamed El Moctar en présence du président de l'AEPPM et les participants.
Selon le président Djibril Kané, les producteurs maliens sont victimes du "sida" de la musique qu'est la piraterie. Pour survivre des effets de ce fléau, "nous sommes obligés de s'auto produire", dit-il. A en croire l'orateur, 9/10 des cassettes sur le marché malien sont contrefaits.
Au piratage des cassettes, M. Kané a également parlé d'une autre forme de piratage à savoir les téléchargements des sons. Qu'est-ce les artistes maliens ont fait pour mériter ce sort ? s'interroge M. Kané.
En effet, l'impact de la piraterie sur nos économies est un désastre. Ce sont des milliards de F CFA qui sont perdus chaque année au détriment de nos économies. La piraterie constitue un danger sérieux pour la promotion musicale. La piraterie cause un énorme préjudice aux intérêts des Etats, des artistes, des producteurs, et tous ceux travaillant dans l'industrie musicale. Les producteurs et maisons de disques aujourd'hui, sont au stade de la démission.
EFFETS DE LA PIRATERIE
Pour illustrer les effets négatifs de la piraterie, l'exemple du Mali est édifiant. Si on considère au Mali que la consommation de la musique est d'une cassette par habitant et par an, on peut dire que plus de 10 millions de cassettes sont consommées au Mali. Donc en 2009, la consommation réelle était environ de 552 000 K7 (552 044 K7), soit 6% et la consommation normale estimée à : 10 000 000 de K7.
La perte est de 9 448 000 K7 soit, plus de 94% des cassettes sur le marché qui sont piratées.
Ces pratiques ont un effet néfaste sur le développement socio-économique et culturel du Mali. On sait que pour mettre sur le marché une cassette légale, il faut importer les matières premières, d'où les droits de douane à payer, les droits d'auteurs, payer les stickers, payer la TVA, payer d'autres taxes et impôts, payer les artistes et les producteurs, payer les frais de production, payer le salaire des travailleurs, etc.
Le pirate ne paye rien de tout ce qui a été mentionné. Il se contente de prendre le produit fini sur K7 ou CD et de dupliquer en milliers d'exemplaires et ensuite le faire rentrer d'une manière frauduleuse sur le marché. Il ne paye alors que les frais de duplication et de transport et un montant dérisoire aux frontières.
PROPOS DU MINISTRE EL MOCTAR
Quant au ministre de la Culture Mohamed El Moctar, qui est d'accord avec le président sur certains points, mais rétorque que la musique malienne se porte très bien en témoigne les nombreux prix internationaux gagnés par les artistes. S'agissant de la responsabilité de l'Etat dans la lutte contre la piraterie, le ministre martèle que l'Etat est un partenaire du secteur musical mais la lutte contre la piraterie est du ressort de tous les acteurs.
Par ailleurs, le ministre, sans passer par quatre chemins, a soutenu que pour sortir de la musique malienne de l'ornière, les producteurs doivent être de véritable entrepreneurs et professionnels.
Le ministre a ensuite émis son souhait aux participants de faire des recommandations pour lutter contre la piraterie.
Mamoutou DIALLO
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