Avec la chute du général Amadou Toumani Touré, il est évident que toutes les victimes du système se font de plus en entendre. Pour preuve, le comité syndical du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de l'hôpital Gabriel Touré a organisé un sit-in le mercredi dernier pour exprimer sa colère et dénoncer le mal vivre de ses militants dans cet hôpital de la capitale.
Pour le secrétaire général du Comité syndical, le Dr Locéni Bengaly, il ne fait l'ombre d'aucun doute que le Centre Hospitalier Universitaire Gabriel Touré est devenu un robinet à sous pour sa direction qu'il soupçonne de malversations financières.
Gérant de la pharmacie dudit CHU, ce syndicaliste dira que des produits manquent dans la pharmacie. En plus, le scanner, la radio standard, le bloc technique opératoire sont en panne. Mieux encore, le frigo de la morgue toujours très sollicité est en panne. Le non payement des droits des médecins-internes depuis 3 mois figure en bonne place des revendications du syndicat. Surtout quand on sait que ce sont ces derniers qui assurent l'essentiel du service en longueur de journée. «Ici, c'est la corruption et la délinquance financière à grande échelle», dénonce l'un des responsables syndicaux.
«Pas de gant, d'alcool pour accomplir les soins; il n'existe pas de formation continue pour le personnel et les étudiants stagiaires», se lamente le Dr Boubou Kassambara du service des urgences.
Ces derniers accusent le Directeur de l'hôpital, le Dr Abdoulaye Nènè Coulibaly, de faire main basse sur tout ce qui tombe dans les comptes du service. Les 3 millions de la mutualité, les 16 millions de primes de départ des travailleurs se sont volatilisés aux dires des manifestants du jour. A cela s'ajoute le sort des lots à usage d'habitation de Banankoroni introuvables aux dires du syndicat. Au regard de cette gestion jugée calamiteuse, le syndicat réclame le départ Directeur de l'hôpital.
Autres problèmes signalés au cours de ce sit-in, le manque de matériels adéquats pour le bon fonctionnement du service de chirurgie. Des interventions chirurgicales son reportées sine die faute de matériels anesthésiques. «Le personnel n'est pas dans les conditions de travail et les malades en souffrent», regrette l'un des médecins dudit service....
Pour montrer sa détermination à faire changer les choses, le comité syndical prévoit une autre manifestation pour le mardi prochain. D'ici là, espérons que la Direction et le syndicat pourront vite accorder leurs violons au grand bonheur des usagers.
Abdoulaye OUATTARA
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