Décidément, le Ministre de l'Education, de l'Alphabétisation et des Langues Nationales a de plus en plus des problèmes. En effet, pendant que le spectre de la division plane sur l'AEEM, voilà que les contractuels des collectivités ont observé en arrêt de travail depuis hier matin (8 Février). Pourquoi cette colère? Que réclanent-ils ? Comment le Ministre Salikou Sanogo va-t-il s'y prendre ?
En fait, la "montagne" du 19ème congrès de l'Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM) semble avoir "accouché d'une souris". Au lieu de confirmer la maturité de l'association, il a plutôt permis de comprendre qu'à l'AEEM, l'heure est plutôt à la division. En effet, le collectif pour le changement au sein de l'AEEM considère que la réélection du Secrétaire Général Hamadoun Traoré ne peut être cautionnée par les élèves et étudiants qui ne le considèrent plus comme un des leurs. C'est pourquoi le collectif exige la tenue d'un congrès extraordinaire, pour le remplacer.
"Je suis étudiant ; je ne suis pas admis d'abord , mais admissible, car je n'ai pas soutenu", retorque Hamadoun Traoré à ses détracteurs. Pour lui, c'est plutôt au cours du congrès que les camarades dissidents se devaient de protester contre sa réélection, et ce, conformément aux statuts et règlement intérieur de l'association.
Jusqu'où iront les protestataires ? Pour le moment, il s'avère difficile de répondre à cette interrogation. Par contre, ce qui reste une évidence, c'est que les grèves se multiplient au front scolaire. Et le comité AEEM a déjà donné le ton en décrétant en grève de 48 heures pour exiger la libération des deux étudiants arrêtés. Mais à présent, d'autres établissements semblent être entrés dans la danse.
Cenpendant, les élèves et étudiants ne sont pas les seuls à "débrayer" : des enseignants sont également concernés, même si les motifs ne sont pas les mêmes. En effet, depuis hier, les contractuels des collectivités sont en arrêt de travail. Les mêmes sources ajoutent que cet arrêt de travail ne concerne pas seulement Bamako, mais tous les contractuels du Mali, c'est-à-dire, qu'ils soient de la capitale ou des régions.
Seulement, il faut remarquer que ces contractuels de l'éducation émargeant sur le budget des collectivités locales ne se battent pas pour leur intégration dans la Fonction Publique de l'Etat. Ce processus est en cours, et il est même irréversible. Mais le "débrayage" de ces enseignants comporte une raison pécuniaire.
En effet, selon nos informations, ces contractuels des collectivités disent observer cet arrêt de travail pour réclamer les salaires du mois de Janvier dernier qui ne sont toujours pas payés. "Dans un premier temps, on nous avait dit que les salaires sont en train d'être traités au niveau du budget. Après vérification, nous avons compris que cette information est fausse", a lancé un contractuel. "Nous observons cet arrêt de travail jusqu'au paiement des salaires", a ajouté un autre.
Alors questions : Qu'est-ce qui explique ce retard dans le paiement des salaires des contractuels de l'éducation relevant des collectivités ? Ou se situe le blocage ? Le Ministre Salikou Sanogo est-il au courant de cet arrêt de travail consécutif au retard dans le versement des salaires du mois de Janvier ?
En tout état de cause, cette décision des contractuels des collectivités d'arrêter le travail jusqu'à paiement de leurs salaires tombe comme un couperet sur la tête du Ministre de l'Education, de l'Alphabétisation et des Langues Nationales. En effet, lors d'une récente rencontre avec la Presse, dans les locaux de l'ex-DNAFLA, le Pr Salikou Sanogo a expliqué que pour son département, 2009 a été l'année de certains débats utiles, notamment la tenue du Forum National sur l'Education dont les recommandations ont déjà connu un début d'exécution.
Il a ajouté que dans ce cas, 2010 sera celle des choix stratégiques, avec la mise en oeuvre des réformes décisives pour le système éducatif malien qui en a tant besoin. Cette démarche s'explique, étant donné que pour lui, "le Mali est premier en Afrique en termes d'effort budgétaire pour l'école", et "nul ne doit prétendre que les efforts consacrés à l'éducation par l'Etat sont insuffisants" ...
De ce qui précède, pourquoi donc ce retard dans le paiement des salaires des contractuels des collectivités, surtout en ce début d'année même ? Faut-il quelque part croire à un sabotage des efforts de l'Etat par certains de ses serviteurs ?
Oumar SIDIBE
BUREAU DE COORDINATION DE L'AEEM
Un Cahier de doléances pour mieux informer l'opinion
A l'issue de son 17è congrès ordinaire tenu les 27 et 28 Décembre 2009, l'Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM) avait élaboré un Cahier de doléances. Aussi, pour mieux imprégner les autorités et l'opinion publique du contenu de de ce Cahier, le Bureau de coodination de l'AEEM a organisé une conférence de presse le dimanche 7 Février 2010 à la Faculté des Sciences Techniques (FAST).
La rencontre animée par le Secrétaire Général de l'Association, M. Hamadoun Traoré, a enregistré la présence d'autres membres du Bureau de coordination, dont le Secrétaire aux Revendications, M. Modibo Diakité, et des représentants des différentes sections.
Après une analyse objective des ses problèmes, et dans le souci de mettre en oeuvre l'accord de partenariat pour "une école performante et apaisée", le Bureau de coordination nationale de l'AEEM a élaboré ce Cahier de doléances et des actions à mener pour atteindre ses objectifs.
Ces doléances se résument en 46 points de recommandations et de revendications qui sont d'ordre académique, pédagogique, matériel et financier : 26 points de revendications d'ordre académique et pédagogique, 15 points d'ordre matériel et 5 points d'ordre financier. A ceux-ci, il faut ajouter 4 points de recommandations.
Les priorités de l'AEEM
Au chapitre des points prioritaires de son Cahier de doléances, l'AEEM, par la voix de son Secrétaire Général, M. Hamadoun Traoré, priorise, au total, 6 points d'ordre académique et pédagogique : il s'agit de l'exécution entière des programmes d'études au niveau des Enseignements Fondamental, Secondaire et Supérieur ; de l'application stricte des recommandations du Forum National sur l'Education.
Il s'agit égalemnt de donner des explications approfondies sur le système LMD (Licence, Master, Doctorat) ; de remédier à l'exclusion des élèves-maîtres des IFM (Instituts de Formation des Maîtres) à partir de la 3è Année ; de résoudre définitivement la crise d'enseignants au niveau des Enseignements Fondamental, Secondaire et Supérieur ; de revoir la politique d'orientation des élèves après le DEF (Diplôme d'Etudes Fondamental) ; d'appliquer strictement les Travaux Pratiques (TP) afin d'assurer une formation complète.
En ce qui concerne les revendications d'ordre matériel, on note la construction d'amphithéâtres et de salles de classe au niveau de l'Enseignement Supérieur ; l'accélération du projet de construction de nouveaux campus universitaires ; laconstruction d'un local pour le CESB ; la construction et l'équipement des internats pour les IFM...
Sur le plan financier, le Secrétaire Général, M. Hamadoun Traoré, s'est surtout focalisé sur deux points : la majoration des bourses et trousseaux, ainsi que leur leur paiement dans les meilleurs délais ; et la majorité des frais de stages des élèves et étudiants.
Bakoroba COULIBALY
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