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FAIT DE SOCIETE, il faut un peu de civisme dans la circulation

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altPour fluidifier la circulation et éviter de gros bouchons et des embouteillages souvent monstres, les autorités routières placent chaque matin une barrière au niveau de l'entrée du premier pont, contraignant ainsi les usagers (automobilistes et motocyclistes) venant de la Rive gauche à attendre leur tour (de passer), et permettant aux usagers venant de la Rive droite de circuler plus librement et dans une certaine quiétude.

 

D'habitude, cette barrière  d'interdiction temporaire de passage est levée dès 9 heures du matin. Mais ce lundi 8 Février, les usagers venant de la Rive gauche n'ont été autorisés à la franchir le petit pont qu'à 10 heures du matin. Cette "entorse" à la règle horaire s'explique.

            D'abord par le fait qu'il a été remarqué que tous les premiers jours de la semaine (notamment du lundi au mercredi), la circulation sur le premier pont devient un véritable "chemin de croix", surtout aux toutes premières heures de la matinée. En effet, les voitures et les cylindrées circulent en masses compactes sur le pont, venant en direction de la Rive droite.

            Du reste, l'une des premières hantises des agents chargés de la circulation, ce sont justement ces heures de pointe où ils sont si mobilisés qu'ils ne savent plus finalement ni quelle tactique ou mesure adopter ou entreprendre, ni à quel véhicule ou engin se vouer, pour règlementer convenablement la circulation. Faut-il d'ailleurs leur en vouloir, quand on sait que non seulement le nombre de ces agents reste toujours insignifiant par rapport à celui des usagers, mais que les embouteillages dûs à ces  heures de pointe font légion dans la capitale?...

            C'est qu'à ces heures, tout le monde est pressé d'arriver dans le centre-ville , soit pour son lieu de travail, soit pour ses affaires : ce qui explique cette hâte et cet empressement, voire cette bousculade, sinon cette hystérie des usagers, entraînant souvent ce que tout le monde redoute pourtant : des accrochages et souvent des accidents, hélas.

            Dès lors, l'on comprend mieux ce hallucinant spectacle auquel il nous a été donné d'assister, ce matin du mercredi 8 Février, sur l'ancien pont : venant de la Rive droite, une masse compacte, grouillante et traînante de voitures, occupant trois rangées différentes sur cet bout d'asphalte étroit, dont longueur même laisse cependant à désirer, puisqu'elle n'excède pas les 800 mètres.

            Mais le plus déroutant (c'est le mot), c'est que les motocyclistes étaient non seulement mélangés aux voitures, mais ils avaient emprunté...toutes les petites voies qui leur sont habituellement réservées, tant en sens normal qu'en sens... interdit. Et tous venaient de la Rive droite !

            A le regarder au niveau de la Pyramide du Souvenir, avec une inquiétude empreinte d'une certaine terreur, le spectacle était vraiment ahurissant : cette énorme et grondante masse d'engins de toutes marques, de toutes catégories et de toutes cylindrées, se côtoyant dangereusement, se traînant avec une allure d'escargot et vrombissant à faire trembler ce pauvre petit pont. Et quand on imagine que ce pont date des années 1947-1950, on frémit de crainte et d'appréhension.

            Au regard d'un tel spectacle digne de certain film appelé "Apocalypse now" ou " Armagedon ", on ne peut s'empêcher de déclamer, les mains levés au Ciel : béni soit le jour où automobilistes et motocyclistes pourront circuler en toute confiance ! Et béni soit le jour où tous les usagers prendront conscience du danger que représente l'irrespect envers le code de la circulation routière, avec ses effets néfastes d'inconscience, d'insouciance, de bravade, de provocation, de témérité, d'arrogance, et Jean passe...

            Ces appels à bénédiction sont d'autant plus fondés et souhaités (pour être exaucés) qu'il faut aujourd'hui convenir d'un fait évident : autant les usagres deviennent chaque jour de plus en plus nombreux, voire pléthoriques, autant les routes accusent, de nos jours, non seulement un manque criard dans la capitale, mais un état de détérioration avancé.

            Face à tous ces constats, à quelle "sainte" solution faut-il désormais se fier? Autrement dit, que faut-il entreprendre, ou quelle attitude faut-il adopter en vue de régler, de façon satisfaisante, ces problèmes de circulation qui empêchent plus d'un de dormir du sommeil du juste?...

            ll a été question d'ériger un ou deux ponts supplémentaires sur le fleuve, histoire de "soulager" un tant soit peu les "souffrances" des deux ponts existants de Bamako. Il a été question de soumettre tous les usagers à deux roues à des formalités de mise en règle : port du casque, obtention du permis de conduire, de la carte grise, de la plaque d'immatriculation...

            Il a été également question de faire désormais circuler les motocyclistes sur les petites voies secondaires, notamment sur l'Avenue de la Nation... Il a été question d'initier les usagers au code de la route : des auto-écoles existent, certes, mais existe-t-il des... moto-écoles?...

            Bref, il a été question d'entreprendre bien des mesures en vue d'éradiquer, sinon de limiter au maximum les risques d'accidents de la circulation. En elles-mêmes, ces mesure entreprises par les autorités de la circulation ont, certes, été salutaires et utiles. Mais elles restent toujours insatisfaisantes, et pour causes.

            En effet, si toutes ces mesures ont été louables (puisqu'elles ont permis de circonscrire bien des dégâts de la circulation), il n'en demeure pas moins que les autorités routières continuent encore d'enregistrer des drames dûs, en majeure partie, à des comportements inciviques dénués de tout sens de citoyenneté. Et c'est justement là où le "bât blesse" (oh combien !) notre société !

            Comment donc faire en sorte que tous les Maliens, que ce soit dans la circulation routière ou dans d'autres cadres de vie, soient tous imprégnés de cet esprit de civisme et de citoyenneté qui demeure avant tout un des principaux socle du progrès de tout pays ? Voilà enfin toute la question...

Oumar DIAWARA (Le VIATOR)

Written by :
Aminata Mariko
 
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