Notre société nous inculque ces valeurs dès notre tendre enfance
"Éduquer un enfant est la fonction naturelle des parents et peut être leur plus grand mérite", disait l'écrivain français Marcel Pagnol. L'éducation dans notre société traditionnelle est liée à la fois au développement de la psychologie de l'enfant et à l'histoire de la société. Les parents sont responsables des actes de leurs enfants. Ils doivent donc faire en sorte que leur progéniture s'intègre bien dans la société. Ils doivent inculquer aux enfants les comportements conformes à la vie sociale.
Dans leur tâche, les parents sont épaulés par l'ensemble de la société. Tout l'entourage participe à l'éducation de l'enfant en lui faisant des remarques sur ses mauvais comportements. L'un des piliers de l'éducation chez nous, c'est la salutation. Nous nous intéressons aujourd'hui à l'importance de saluer surtout chez les enfants.
Partout au Mali, la première chose que l’on remarque chez les populations, c'est que les salutations sont de règle. On prend toujours le temps de saluer son prochain. Que ce soit un inconnu ou une connaissance de longue date. Un passant se croit obligé de saluer toutes les personnes qu'il croise dans la rue. Même ceux qui sont assis à l'ombre des arbres et des maisons. S'il ne le fait, il est montré du doigt comme étant un individu asocial qui n'a pas de considération pour ses prochains.
Depuis l'enfance, cette obligation nous est inculquée par les parents et l'ensemble de la société. Si un enfant passe sans saluer les gens, il est tout de suite réprimandé. On lui rappelle ses obligations sociales de respect envers les autres.
Oui, la salutation est une marque de respect dans notre société. Impossible de s'y dérober. Il en est ainsi dans toutes nos ethnies. Le vieux Moussa Coulibaly est le chef du quartier de Kalabancoro Koulouba. Il nous explique que «ne pas dire bonjour aux personnes d’une maison est une façon indirecte de leur dire que vous ne les aimez pas. La salutation la plus anodine est une marque de respect et de solidarité. Ne pas le faire est une erreur qui peut se transformer en un problème de famille». Le vieux sage ajoute que c'est du bonheur quand un enfant te tend la main pour te saluer car cela veut dire : «je vous salue et on est ensemble».
Le psychologue Dr Coulibaly rappelle que dès la petite enfance, les parents essaient d'enseigner à leurs enfants les éléments de leur propre morale. L'enfant apprend ainsi la différence entre ce que ses parents appellent "bien" et ce qu'ils appellent "mal". C'est en quelque sorte une étude d'apprentissage correspondant à la formation de la conscience de l'enfant.
Apanage des parents. "Notre manière actuelle de former la conscience représente en effet un dressage pour la perfection et non pour l'amour de Dieu et du prochain", critique la vieille Nana Dabo qui déplore le fait que les enfants sont laissés à eux-mêmes sans aucune orientation notamment sur les fondements de la société. Elle décrit les bienfaits de la religion musulmane qui favorise beaucoup les liens. La preuve est que quand un enfant salue une personne âgée, il reçoit toujours en retour des bénédictions. Ce qui n'est pas gratuit. Les plus jeunes sont donc poussés à saluer les anciens pour recevoir des bénédictions. Nul n'ignore l'importance des bénédictions dans la construction d'un individu dans notre société. Une raison de plus pour les mamans d'encourager leurs enfants à saluer les gens qu'ils croisent en tout temps et en tout lieu. Le rôle de la femme dans l'éducation des enfants est incontournable. Elle doit veiller à la transmission des comportements décents soit en actes ou en paroles conformes à certaines normes de la société.
Mme Ba Haïssa, professeur des sciences de l'éducation dira qu'un enfant qui s'adresse aux gens en saluant révèle un signe de respect. Le salut est un baromètre pour juger un enfant. Attitude d’attente, de patience, attitude de l’écolier (apprenti) au cours de ses premiers travaux. Attitude d’acceptation de l’enfance comme une période nécessaire dans le développement de l’homme, argumente la professeur.
Toujours selon elle, les enseignants sont là pour instruire, c'est-à-dire donner des connaissances. Les enseignants peuvent essayer d'instaurer la discipline, mais force est de reconnaître que l'éducation reste l'apanage des parents. Cela ne va pas sans l'implication totale des parents, conclut-elle.
K.T est mère de 9 enfants. Elle regrette le manque de fermeté de certains parents à inculquer à leurs enfants les valeurs morales et religieuses de notre société. Elle raconte une anecdote qui en dit long sur le rôle pacificateur de la salutation. Une mésentente l'opposait à une de ses colocataires. C'est un petit bonjour de la part de son dernier fils qui a mis fin à cette querelle de 2 ans. Son fils de 6 ans a pris l'habitude, chaque matin, d'aller saluer la dame avec qui elle ne s'entendait pas. Un beau jour, celle-ci est venue présenter ses excuses et dès lors, une entente cordiale règne entre les deux dames. L'histoire de ces deux dames qui ne s'aimaient pas, illustre bien la citation du penseur John Dewey qui disait : "L'enfant est le point de départ, le centre, le but".
Cheikna Bathily, vendeur de cola au marché de Kalanbancoro, ne tolère pas les enfants qui s'adressent aux gens sans dire bonjour. Il soutient qu'en plus du signe de respect, le rapprochement dans notre contexte se crée d'abord par un bonjour en général.
Facoh Diarra est sociologue à l'Institut des sciences humaines. Il confirme que la coutume des salutations existe chez toutes les ethnies de notre société. L'objectif n’est pas de décrire ou d’expliquer ce qui est ou ce qui a été, mais de déterminer ce qui doit être. Elles ne sont pas orientées vers le présent, ni vers le passé, mais vers l’avenir.
Elles ne se proposent pas d’expliquer fidèlement des réalités données, mais d’édicter des préceptes de conduite de la société. Il révèle que même les Européens qui n'ont pas ce comportement dans leur culture, essaient de faire une percée en la matière.
Toujours selon les explications du sociologue, à l'époque pendant laquelle les chefs de tribus se disputaient le pouvoir, le salut était un signe de rapprochement entre les guerriers. La salutation a ensuite repris un rôle éducatif.
L’éducation consiste vraiment en une attitude nouvelle vis-à-vis de l’enfant. Attitude faite de compréhension, d’amour mais surtout attitude de respect. Le contraire est plutôt mal vu. Donner un bonjour à son prochain, a traversé les siècles, et aura provoqué des transformations majeures dans les idées et les pratiques pédagogiques.
Hadeye TRAORé (L'ESSOR)
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éducation de l’enfant : L’autorité parentale indispensable !
Face à un enfant qui jour après jour gagne en autonomie, s’affirme et construit sa personnalité, il est parfois difficile de savoir comment agir. Malheureusement, il n’existe pas de règle absolue en matière d’éducation ; tout est souvent question d’équilibre et de communication.
L’enfant a besoin d’être guidé : il ignore ce qui est le mieux pour lui. L’autorité, c’est ce qui permet à l’enfant d’assimiler les interdits fondamentaux liés à la sociabilisation La frustration est une expérience indispensable au développement de l’enfant : pour vivre en société, il doit apprendre à renoncer à la satisfaction immédiate de tous ses désirs.
Il faut également garder à l’esprit qu’amour et autorité sont compatibles : l’un découle même de l’autre. En effet, c’est parce que vous aimez votre enfant que vous lui fixez des interdits, pour sa sécurité, son bien-être. Mettre des barrières sur le chemin de l’enfant, c’est aussi l’aider à avancer : un chemin balisé est rassurant, l’enfant gagnera en confiance, et sera mieux paré pour l’autonomie. Sans autorité, l’enfant peut aussi se sentir négligé, abandonné.
Mais comment exercer son autorité ? L’ingrédient essentiel de l’autorité est la communication : une interdiction pure et simple, sans explication, n’a aucun sens pour l’enfant, elle est donc inutile, voire nuisible. Il est important d’expliquer clairement, simplement, pourquoi vous interdisez à votre enfant telle ou telle chose.
Il est également important que les parents soient d’accord entre eux : si l'enfant entend un « oui » d'un côté, et un « non » de l'autre, il n'obéira jamais et saura vite jouer sur votre désaccord. Toujours dans ce souci de cohérence, l’autorité implique que vous-même, parents, vous appliquiez les règles imposées à votre enfant. Ne l’oubliez pas : vous êtes un modèle pour lui.
Toutefois, il est important de laisser une marge d’action à l’enfant – en toute sécurité bien sûr : c’est ce que Françoise Dolto appelle la « prise de risque ». Il ne faut pas non plus frustrer l’enfant avec des interdictions toujours plus nombreuses au fil des jours : l’enfant doit pouvoir forger sa propre expérience. L’échec a également des vertus éducatives.
Enfin, il ne faut pas confondre autorité et autoritarisme : vous devenez autoritaire si vous inspirez un sentiment de peur chez l'enfant, si vos consignes sont édictées de manière illogique, si elles sont injustes, si vous interdisez chez l'enfant toute expression de ses humeurs ou de ses états d'âme.
sante- az. aufeminin
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