Le tatouage ou « indou diabi » est aujourd'hui la préférence de l'écrasante majorité des jeunes filles au Mali, pour se faire belle aux cérémonies de mariage, baptême et autres anniversaires
Le tatouage n'est pas un phénomène inconnu chez nous puisqu'il était pratiqué et l'est toujours par nos mamans. La pratique, qui était réservée aux femmes mariées, se faisait avec le henné et concernait les membres inférieurs et supérieurs du corps humain : notamment les pieds et les mains. Son but est purement esthétique.
Si la pratique du tatouage continue à garder son caractère esthétique, il n'en demeure pas moins qu'elle revêt de nos jours un caractère liberticide et attentatoire aux bonnes mœurs. Car en plus des membres inférieurs et supérieurs du corps, les jeunes filles rivalisent d'ingéniosité pour mettre en exergue des parties plus ou moins intimes de leur corps.
Des parties intimes comme les seins, le nombril, les fesses, portent un « cœur » dessiné sinon cette curieuse épitaphe « Je t'aime », et c'est à peine si on les cache au regard de l'autrui. Si ce n'est fait d'ailleurs pour justement cristalliser tous les regards sur ces parties, comme pour dire : j'en ai de belles choses pour vous. Conséquence : au lieu d'une pratique à caractère esthétique, l'on a droit à une pratique déviationniste et attentatoire à nos bonnes mœurs.
Témoignage
Il faut dire que cette pratique indigne un certain nombre de personnes. Du lot de celles-ci, cette dame d'un certain âge qui avance que le tatouage est une coutume exclusivement réservée aux femmes mariées. Avant de déplorer « De nos jours avec leur soi-disant ‘'indou diaby'' le tatouage sort de son contexte esthétique pour devenir un moyen pour mieux se vendre aux hommes ». Comme pour donner raison à cette dame, le tatouage pratiqué sur certaines parties du corps embarrasse : les hanches, les fesses, le bas ventre, les seins... Mais à quelle fin ? Et pour mieux avoir ces mâles en mal de sensation, nos demoiselles de la « génération 21 » adoptent des postures qui étrangement exhibent leurs parties ou «intimités » tatouées. Sur un siège ou sur une moto, elles portent des pantalons sautés ou bodies (genre soutien-gorge). Fatou Camara est lycéenne ; elle est tatouée des fesses, et nous confie que c'est le nouveau style, pour les filles branchées de Bamako. « Les allergiques à ce mode de vie sont des égoïstes. Le monde avance et on s'en fout, c'est la vie », explique-t-elle. Sira Coulibaly est vendeuse ambulante, avec ses seins et bas ventre tatoués, elle se faufile allègrement entre les hommes dans les garages comme sur les chantiers. Elle soutient que le phénomène est à la mode, par conséquent la juge bien. Cependant, il est à craindre que cette pratique n'effrite certaines de nos mœurs, si les parties intimes du corps deviennent vendables et achetables.
Mariam Togolo (stagiaire)
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