
Plusieurs centaines de jeunes Maliens se sont rassemblés à Bamako pour dénoncer les exactions commises par les rebelles touaregs et les islamistes dans le nord du pays. Les manifestants ont également menacé de prendre des armes pour "récupérer (leur) territoire".
« Les hommes armés sont là à violer nos mamans, nos soeurs, ils prennent les biens des gens. Nous réclamons les armes, nous sommes prêts à aller volontairement au Nord et récupérer notre territoire ». Comme Abdoul Malick Sangaré, ils étaient des centaines de jeunes Maliens à s’être rassemblés vendredi 6 avril dans la banlieue de Bamako, afin de dénoncer les exactions commises par des rebelles touaregs et des islamistes armés dans le nord du pays, dont le Mouvement national de libération de l'Azawad a déclaré unilatéralement l’indépendance vendredi 6 avril.
Lors de ce rassemblement organisé au quartier de Faladjé par plusieurs associations, comme celle dirigée par Abdoul Malick Sangaré, les participants ont fustigé les agressions physiques des populations civiles dans les régions contrôlées par les rebelles. Une déclaration a notamment été lue par un membre d'Action Jeune pour sauver le Nord-Mali (AJSN), qui dénonce des agressions, des viols de femmes sur la place publique, des pillages ou encore des saccages d'infrastructures sociales.
« Ces ignominies constituent la démonstration flagrante de la prise en otage des populations de ces trois régions - Kidal, Gao (nord-est) et Tombouctou (nord-ouest) - par des barbares sans foi ni loi, qui les ont plongées dans une situation de désespoir total caractérisé par une absence de vivres, de médicaments, de soins sanitaires », fustige l'AJSM.
Boycott
L’objectif des jeunes rassemblés dans la capitale malienne est clair : la communauté internationale doit intervenir afin de fournir assistance médicale, alimentaire et sécuritaire dans le nord du pays.
« Assistance médicale et alimentaire d'urgence, les populations maliennes du Nord y ont droit », était-il inscrit sur une pancarte. « Le Mali est un et indivisible, Aider le Nord, c'est aider l'Afrique » lisait-on sur une autre. Autre revendication exigée par l’ASJM : « le déploiement de forces ouest-africaines et de l'ONU pour la sécurité des personnes et des biens mais aussi des équipes humanitaires ».
Le Collectif des élèves et ressortissants du Nord-Mali (CEERN) a pour sa part appelé tous les élèves et étudiants originaires du Nord et résidant à Bamako à boycotter les cours à partir de lundi. Les fonctionnaires de l'éducation nationale du pays sont invités à faire de même.
« Le sit-in doit se poursuivre samedi et dimanche, avant des marches et autres manifestations qui seront organisées à partir de lundi jusqu'à la réunification du territoire national », a affirmé Mahamane Moulaye Traoré, l’un des membres du collectif.
AFP
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