"Nous avions déjà beaucoup de problèmes à cause des enlèvements d'Occidentaux parce que les touristes constituent notre principale clientèle. Puis, la rébellion et l'occupation de tout le nord ont eu raison de toutes nos activités socioéconomiques", nous explique-t-il.
"Les choses ne marchent pas bien ici et la vie coûte chère. Je dépense par exemple une vraie fortune dans la location du logement. Mais, au moins j'y suis en sécurité avec ma famille. J'attends que les choses se calment un peu à Bamako pour m'y installer. Au moins, dans la capitale, je pourrais entreprendre d'autres activités pour ne pas être ruiné socialement et économiquement", explique cet entrepreneur touristique et chef de famille qui vit aujourd'hui de son épargne.
Ce qui n'est pas forcément le cas d'Aghaly Cissé, un chauffeur de MALIBOU qui a suivi son patron à Ouagadougou. "Je suis là depuis un peu plus de deux mois. Je vis grâce à la générosité d'Aboubacrine Ag Moha avec qui je travaille depuis 2005".
Contrairement à son directeur général, Aghaly a laissé sa famille à Tombouctou. "Je pensais avoir rapidement un travail ici et envoyer quelque chose aux miens. Malheureusement, les choses ne marchent pas ici non plus. C'est notre premier marché comme ça depuis que nous sommes arrivés parce que le terrain est déjà saturé ici", témoigne-t-il.
La délégation malienne qui avait fait le déplacement d'Ouagadougou pour le match Mali-Algérie du 10 juin dernier (éliminatoires Coupe du monde 2014, groupe H de la zone Afrique), leur avait loué une 4x4 pour trois jours. Une véritable aubaine pour M. Moha et son fidèle chauffeur.
La précarité dans laquelle vit aujourd'hui Aghaly est loin d'être un cas isolé. "Je connais beaucoup de jeunes de Tombouctou ou d'autres villes du nord-Mali qui vivent aujourd'hui au Burkina avec l'espoir de lendemains meilleurs. Mais, présentement, ils sucent les doigts en attendant d'avoir une occupation", précise A. Cissé.
En avril dernier, on comptait officiellement environ 65 000 réfugiés maliens au Burkina Faso. Des gens désemparés qui se sont surtout installés au Nord du pays des Hommes Intègres, à des centaines de kilomètres de leurs villes d'origine. Un nombre sans doute largement dépassé car, à l'époque selon de nombreuses organisations humanitaires, le flux des nouveaux arrivants se situait autour de 150 à 300 personnes par jour.
CRI
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