Le gouvernement du Mali, à travers le ministre de l'Economie et des Finances, a signé le 7 décembre 2009 à l'hôtel Laïco el Farouk la préface du document de la Stratégie Commune d'Assistance Pays (SCAP) conjointement avec le chef de file des partenaires techniques et financiers (PTF), coordinateur des activités opérationnelles du système des Nations Unies et représentant résident du PNUD.
Sous la présidence du premier Ministre son excellence Modibo Sidibé avec à ses côtés, le Ministre des Finances Sanoussi Touré, et plusieurs membres du gouvernement, le Mali a signé la préface du document de la Stratégie Commune d'Assistance pays (SCAP 2008-20011
La Banque Mondiale, l'Allemagne, la Banque Africaine de Développement, la Belgique, le Canada, le Danemark, la Délégation de l'Union Européenne, l'Espagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Suisse , la Suède et le PNUD sont les partenaires techniques signataires du document.
L'objectif principal de la SCAP étant d'appuyer le Mali dans la mise en œuvre du PDES 2008-2012 du Président de la République du Mali Amadou Toumani Touré, il s'agit d'aider le Mali pour atteindre ses objectifs de stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté en tant que première phase d'un plan décennal pour l'atteinte des objectifs de développement du millénaire. La SCAP vise à soutenir la mise en œuvre du CSRP en alignant les appuis des PTF (Partenaires techniques et Financiers) sur les priorités définies dans le CSCRP, le PDES et le plan décennal des OMD, améliorer l'efficacité globale de l'aide au Gouvernement du Mali, entre autres...
A travers cette signature de la préface du document de la SCAP, le gouvernement du Mali signifie ainsi son adhésion à l'esprit de cette nouvelle stratégie en ce qu'elle est la traduction de la mise en œuvre de la déclaration de Paris adoptée en 2005 par plus de 130 pays et institutions dont notre pays.
La stratégie commune d'assistance pays s'appuie sur une vision partagée des partenaires techniques et financiers sur la situation nationale au Mali, les contraintes et les défis majeurs et priorités politiques du gouvernement, pour définir une stratégie de réponse collective d'accompagnement de la mise en œuvre des politiques nationales.
La stratégie de réponse des PTF est articulée autour de trois piliers : mettre en œuvre de nouvelles modalités de travail et collaboration basées sur la programmation, l'harmonisation et la complémentarité ; adopter une stratégie globale de financement du CSCRP et des actions additionnelles vers l'accélération dans l'atteinte des OMD et enfin assurer un dialogue avec le gouvernement basé sur un cadre conjoint de suivi et en respectant les principes de partenariat et d'appropriation.
La mise en œuvre de la SCAP requiert des changements profonds dans la pratique de la programmation et de la livraison de l'aide internationale.
une conférence de presse animé par le ministre de l'Economie et des Finances, Sanoussi Touré, le chef de file des PTF Mme Mbaranga Gasarabwé etc. a suivi cette signature. Selon le ministre, la stratégie commune d'assistance pays est un document de référence en matière de coopération entre le Mali et les PTF qui doit devenir un véritable document de travail, connu au niveau de l'administration. Le chef de file des partenaires techniques et financiers, a ajouté que la SCAP marque une avancée importante en matière d'efficacité des appuis fournis par les PTF au Mali. Pour le budget, les conférenciers ont avancé un chiffre de 954 milliards CFA pour la période 2009-2012.
Aminata Mariko, BamaNet
Comprendre la SCAP
Les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) au Mali ont décidé de préparer conjointement
et de concert avec le Gouvernement du Mali (GdM) une Stratégie Commune d'Assistance
Pays (SCAP) sur la période de la nouvelle stratégie de croissance et de réduction de la
pauvreté (CSCRP 2008-2011). La SCAP s'appuie sur une vision partagée des PTF sur la
situation nationale au Mali, les contraintes et défis majeurs et les priorités politiques du GdM
pour définir une stratégie de réponse collective d'accompagnement de la mise en oeuvre du
CSCRP 2007-2011. La stratégie de réponse des PTF est articulée autour de trois piliers : (i)
mettre en oeuvre de nouvelles modalités de travail et de collaboration basées sur la
programmation concertée et l'alignement, l'harmonisation, la division du travail et la
complémentarité ; (ii) adopter une stategie globale de financement du CSCRP et des actions
additionnelles vers l‘accélération dans l'atteinte des OMD et ; (iii) assurer un dialogue avec le
GdM basé sur un cadre conjoint de suivi et en respectant les principes de partenariat et
d'appropriation.
La SCAP est conçue comme un processus évolutif qui s'adapte aux changements dictés par le
contexte national. Elle sera révisée en conséquence pour s'adapter à toute nouvelle
réorientation dans les priorités du GdM. La SCAP sera opérationnalisée à travers un Plan
d'Actions et une Matrice de Suivi des Résultats.
A. Pourquoi la SCAP ?
1. La SCAP découle d'une volonté politique des Partenaires Techniques et Financiers du
Mali de changer profondément leurs modalités d'aide et les modes de faire en développant
une démarche novatrice de réponse collective à la nouvelle stratégie de croissance et de
réduction de la pauvreté du GdM (CSCRP).
2. Elle est l'aboutissement d'une dynamique de coordination amorcée depuis 2002 au niveau
des PTF avec la préparation du CSLP 2002-2006 et qui s'est renforcée avec la tenue de la
Table Ronde des bailleurs de fonds du Mali en 2004, puis l'adoption du CSCRP en 2006 et du
Plan d'Action Efficacité de l'Aide en 2007 conformément à la Déclaration de Paris. La SCAP
va alimenter également les discussions pendant la Table Ronde des bailleurs de fonds pour le
financement du CSCRP prévue pour juin 2008.
B. Processus de préparation et rôle du GdM et de la société civile
3. Le processus SCAP a démarré au Mali en 2007. Un atelier de lancement SCAP a eu lieu
en septembre 2007 avec la participation des PTF, du gouvernement du Mali et de la société
civile pour dégager une vision commune partagée des PTF sur la SCAP. Les travaux
techniques sur la SCAP ont été conduits par une Equipe mise en place au sein des PTF
(Equipe SCAP) à partir d'octobre 2007 et ont porté principalement sur la conduite de
l'exercice de division du travail et de complémentarité. Des réunions techniques ont
également été conduites avec les structures du GdM (Secrétariat Harmonisation de l'Aide -
SHA-, Cellule du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté -CSLP-).
4. Les consultations au niveau politique ont été conduites avec les Ministres de l'Economie
et des Finances et pendant les sessions de la Commission Mixte (24ème et 25ème). Deux
Ateliers de discussion ont été par la suite organisés avec le GdM et la société civile en avril
2008. Ils ont permis de partager avec le GdM et la société civile les résultats atteints par les
6
PTF en matière de division du travail et complémentarité et de s'accorder sur les domaines
prioritaires de concentration des PTF et les principes majeurs pour la SCAP.
C. Statut du document
5. La SCAP est un document de stratégie qui donne les grandes orientations de l'appui qui
sera apporté par les PTF pour accompagner la mise en oeuvre du CSCRP et des principes de
travail qui seront observés par les PTF au Mali pour la période 2008-2011. Elle représente le
cadre commun dans lequel les stratégies propres des agences s'insèrent sans toute fois
entraîner des conséquences juridiques pour les PTF signataires.
D. PTF participants
6. L'un des principes qui a guidé la préparation de la SCAP est d'en faire un processus
ouvert à tous les PTF. Les PTF signataires du présent document sont :
[...............................................................................................................]
E. Responsabilité mutuelle : engagements du Gouvernement du Mali et des PTF
7. Les PTF qui adhérent au présent document travaillent dans le cadre des principes agrées
conjointement dans la SCAP (programmation, complémentarité/division du travail,
harmonisation/alignement).
8. Le changement radical des modalités d'aide dans lequel s'engagent les PTF signataires de
ce document ne peut avoir l'impact recherché que si le Gouvernement du Mali participe
pleinement au processus en assumant un rôle de leadership. Dans le cadre de la SCAP, les
engagements suivants du GdM constituent des préalables à la réussite du processus de
reformes :
1) Un leadership politique renforcé et une appropriation plus forte à travers
l'établissement de priorités claires
2) Une coordination interministérielle améliorée permettant une plus grande
cohérence des politiques gouvernementales entre elles
3) Une coordination efficace de l'aide à travers l'établissement d'un guichet unique
pour la gestion et la coordination de l'aide situé à un niveau approprié au sein du
GdM
4) Un dialogue politique renforcé, notamment sur les questions de gouvernance et de
gouvernance de l'aide
5) Une volonté d'associer les autres acteurs (parlement, société civile, collectivités
territoriales, secteur privé) au processus de reformes
6) Le renforcement des systèmes et procédures nationales et l'élaboration des
instruments nécessaires à l'alignement de la SCAP sur les priorités nationales
(politiques sectorielles, programmes sectoriels associés de budget, CDMT)
7) L'opérationnalisation du Secrétariat à l'Harmonisation de l'aide et la mise en
oeuvre du Plan d'action efficacité de l'aide du gouvernement.
7
II. CONTEXTE DU PAYS
A. Contexte politique
9. Situé au coeur d'une sous région affectée par de nombreux conflits, le Mali a renoué avec
la démocratie et la stabilité politique. Depuis 1992, le Mali connaît une alternance
démocratique sur la base du suffrage universel. Les dernières élections générales de 2007
(présidentielles et législatives) et de 2004 (locales) ont été jugées satisfaisantes par les
observateurs. Le pluralisme politique se développe avec une Assemblée nationale renouvelée
en 2007 et composée de 147 membres élus issus de 13 partis. Le Mali s'est également engagé
depuis 1992 dans un processus de décentralisation qui a vu la création de 703 communes
urbaines et rurales et la tenue de deux élections communales (2000 et 2004). Les droits
humains, les libertés publiques et la liberté de la presse sont garantis par les lois maliennes et
l'Etat de droit est respecté dans ses principes. Les enjeux majeurs demeurent la consolidation
des institutions démocratiques, l'ancrage de la démocratie dans la société malienne et enfin
l'affirmation des nouveaux acteurs (Parlement, Collectivités Territoriales, Société civile,
Secteur Privé) dans leurs rôle et missions. La paix et la sécurité, en particulier au Nord, restent
une préoccupation du fait de la résurgence des tensions dans cette partie du pays encore
fragile.
B. Contexte socio-économique et pauvreté
10. Le Mali a réalisé des progrès importants au cours de la mise en mise en oeuvre du CSLP
dans le domaine du renforcement de la stabilité macroéconomique. Sur la période 2002-2006
la croissance économique a été appréciable et même supérieure à la moyenne de la zone
UEMOA mais les objectifs du CSLP en termes de taux de croissance du PIB réel n'ont pu être
atteints compte tenu notamment des nombreux chocs exogènes que l'économie a subi
(environ 5% en moyenne annuelle1, contre un objectif de 6.7% du CSLP). L'inflation (très
sensible aux fluctuations de prix des céréales) est restée maîtrisée sur la période à un niveau
de 1.7%. L'année 2007 a été marquée par un ralentissement de la croissance économique suite
notamment à des chocs exogènes importants. Le PIB réel a en effet cru de moins de 3% après
5.3% en 2006, compte tenu d'une mauvaise saison pluvieuse qui a contribué à une baisse de
la production agricole et de coton en particulier. Même si l'inflation a pu être contenue à 2.3%
en moyenne sur l'année, on note qu'elle a atteint 6% en février 2008 du fait de la hausse des
prix des céréales consécutive à la crise alimentaire que connaît le pays actuellement. Cette
situation affecte particulièrement les conditions de vie des ménages déjà défavorisés.
11. Secteur extérieur. Le compte courant de la balance des paiements s'est amélioré
d'environ 6% en moyenne sur la période 2002-2005 a été de 4.7% en 2006 mais la position
s'est affaiblie en 2007. La balance commerciale a enregistré un déficit contre un surplus en
2006 largement dû à une production plus faible d'or2. D'autres facteurs déterminants dans les
tendances de la balance des paiements au cours des dernières années ont été les transferts des
immigrés (16% du PIB sur la base des estimations officielles et peut-être 25% en prenant en
compte les transferts selon les circuits informels) et l'aide extérieure. L'accumulation de
réserves de changes s'est ralentie depuis les niveaux robustes de 2005-2006 mais les réserves
demeurent confortables à six mois d'importations environ. En 2007, les termes de l'échange
1 Rapport général de la revue annuelle du CSLP 2002-2006 (MEF, 2007).
2 Le secteur de l'or compte pour environ 70% des exportations, suivi par le coton (à peu près le quart des
exportations).
8
se sont légèrement améliorés pour le Mali : la hausse du cours de l'or sur le marché mondial a
plus que compensé pour le pays la hausse des prix du pétrole qu'il a subi. Ceci ne s'est pas
favorablement et équitablement reflété sur les conditions de vie des populations compte tenu
de la spécificité du secteur de l'or. Le pouvoir d'achat des populations urbaines en particulier
a baissé en termes réels au cours de l'année.
12. Finances publiques. Les programmes successifs de stabilisation macroéconomique mis
en oeuvre par le Mali depuis la dévaluation du FCFA ont conduit à un début d'assainissement.
Le pays a fait des progrès importants dans le domaine de la gestion des finances publiques,
même si des défis importants demeurent. Entre 2002 et 2006, le solde primaire s'est amélioré
de 0.1% du PIB à 0.3% du PIB. Ceci est le résultat d'une amélioration des recettes
budgétaires, qui ont augmenté d'environ 15.0% du PIB en moyenne sur la période 1999-2003
à 17.7% du PIB en 2006 alors que les dépenses primaires ont connu une croissance moins
forte. Le déficit budgétaire a été pour l'essentiel financé par des ressources extérieures y
compris les dons et subventions et des emprunts concessionnels (tirages pour le financement
des investissements et appuis budgétaires macroéconomiques).
13. Les performances se sont légèrement détériorées en 2007, principalement du fait de chocs
exogènes. Le gouvernement a poursuivi des efforts pour juguler la hausse des prix des
produits importés en utilisant la fenêtre des cours plus élevées de l'or pour accorder des
exonérations de droits et taxes sur les importations de denrées alimentaires et de carburants et
pour introduire des hausses de salaires dans la fonction publique (5% en 2008 et 5% de plus
pour 2009). Avec presque la moitié des recettes fiscales provenant du commerce extérieur, ces
mesures ont contraint les performances des finances publiques et le solde primaire est passé
d'un surplus de 0.3% du PIB en 2006 à un déficit de 1.1% en 2007. Ce déficit à été cependant
en ligne avec les ressources de financement disponibles.
14. Dette extérieure. Suite aux initiatives PPTE et IADM, le stock de la dette du Mali a
considérablement baissé de 49.8% du PIB en 2005 à 20.0% en 2006, même s'il a légèrement
augmenté à 22.9% du PIB en 20073. La dette publique totale à fin 2007 est estimée à 1,542
millions de dollars US (soit 24 % du PIB, dont 1.1% de dette intérieure). L'analyse de
soutenabilité de la dette réalisée en 2008 indique que le Mali demeure un pays à risque faible
de surendettement4. Toutefois, les besoins importants de financement des objectifs de
développement du millénaire et l'émergence de nouveaux types de financements non
concessionnels constituent une menace pour cette soutenabilité de la dette...
STRATEGIE COMMUNE D'APPUI DES PTF AU MALI
A. Leçons principales de l'assistance commune passée des PTF au CSLP 2002-2006
44. Le Mali continue de bénéficier d'apports importants au titre de l'aide au développement.
En rappel, les données du CAD pour 2005 placent le Mali au 15eme rang des pays d'Afrique
Subsaharienne pour l'APD (net). L'APD du Mali a presque doublé entre 2001 (351,4 millions
de US$) et 2005 (691,5 millions de US$)8. Cette aide se composait de 85% de dons, avec une
composante bilatérale importante à hauteur de 55%. La contribution de l'aide extérieure (dons
et financements extérieurs sur emprunt) est très importante et a représenté en 2005 près de
27,1% des dépenses totales et, en 2006, un peu plus de 40% environ9 (hors incidences PPTE).
45. La Table Ronde des bailleurs de 2004 a permis aux PTF de réaffirmer leur soutien au
GdM dans la mise en oeuvre du CSLP qui est maintenant le cadre de référence pour les
interventions. Les PTF se sont également engagés à oeuvrer pour un meilleur alignement en
vue d'une plus grande efficacité de l'aide. L'enquête OCDE réalisée en 2006 et renouvelée en
2008 permet de voir les progrès réalisés tant par le GdM que par les PTF vers une meilleure
efficacité de l'aide.
L'appropriation nationale
46. L'appropriation des politiques nationales, malgré une certaine amélioration depuis 2000,
demeure un véritable défi pour le Mali. On note que la vision nationale s'est davantage
affirmée dans le cadre de la préparation de Mali 2025 et du CSCLP 2002-2006. Le Mali s'est
également doté ces dernières années de politiques et programmes sectoriels dans l'Education
et la Santé (respectivement PISE II et PRODESS) et en matière de Décentralisation. Il a
également préparé des CDMT dans ces différents secteurs. Ces programmes stratégiques
sectoriels ont permis aux PTF d'inscrire leurs actions dans un cadre d'intervention bien défini
avec des modalités de suivi partenariales tout en favorisant le recours à l'aide programme et
l'utilisation de l'aide budgétaire. Ces efforts ont été poursuivis avec l'élaboration d'une
stratégie de réduction de la pauvreté de seconde génération en 2006 (le CSCRP 2007-2011) et
d'un CBMT. Enfin, il convient de noter que le GdM a encore effectué une priorisation du
CSCRP à travers le Plan de Développement Economique et Social (PDES) qui porte sur la
période 2008-2012.
47. Malgré ces progrès, des faiblesses importantes demeurent dans le dispositif actuel :
- La Coordination générale de l'aide souffre de la dispersion des centres de décision et de
responsabilité entre plusieurs ministères en charge de la gestion de l'aide au
développement (Ministère de l'Economie, de l'Industrie et du Commerce, Ministère des
Finances, Ministère des Affaires Etrangères, Primature, etc.). Les reformes décidées dans
ce domaine n'ont pas encore connu une mise en oeuvre effective. Le Secrétariat à
l'Harmonisation de l'Aide (SHA), s'il devient pleinement opérationnel, devra permettre
d'aller dans le sens d'une meilleure coordination en travaillant de manière étroite avec la
Cellule CSLP.
- La dispersion des responsabilités et le faible niveau de communication entre les ministères
et même au sein de ces derniers ne permettent pas d'assurer une cohérence entre la
stratégie globale du gouvernement et les différentes stratégies sectorielles. La poursuite
8 OECD 2007. Répartition géographique des ressources financières allouées aux pays bénéficiaires de l'aide
9 Source : Rapport Global de mise en oeuvre du CSLP, version de juin 2007, provisoire.
18
d'une meilleure clarification des différents mandats des structures du GdM participerait à
une amélioration d'ensemble.
- L'articulation entre la stratégie de réduction de la pauvreté et le budget reste faible. Il
existe bien un dispositif technique s'appuyant sur les cadres de dépenses à moyen terme
(CDMT) et les budgets-programme, mais il n'entraîne pas automatiquement la nécessaire
réorientation des ressources. Sept (07) CDMT ont été finalisés à fin 2007 (Education,
Santé, Transport, Développement Social, Emploi, Reforme de l'Etat, Eau et
Assainissement) et trois (03) autres sont en cours (Agriculture, Environnement et Sécurité
Alimentaire). Ces CDMT sont de qualité inégale et leur actualisation reste problématique.
Les mécanismes de Coordination entre PTF
Mécanisme de concertation PTF
48. Les PTF au Mali ont mis en place des cadres de concertation pour mieux coordonner leurs
interventions et échanger des informations à la fois au niveau général et sectoriel. Trois
niveaux de coordination existent maintenant. Le 1er niveau est la coordination globale autour
du CSCRP assurée par le Collectif des Chefs d'agence et Chefs de mission, sous l'animation
de la Troïka des PTF dont l'un des membres est le Chef de File (CdF) assistée du Pool
Technique. Cette coordination se réunit une fois par mois. Le 2ème niveau est la coordination
sectorielle et thématique autour de 10 Groupes Thématique (GT) et 3 Groupes transversaux.
Des chefs de file ont été désignés pour chacun des 13 Groupes avec un mandat couvrant la
période du CSCRP ou d'une durée d'au moins 2 ans renouvelables. Le 3ème niveau est la
coordination autour des sous secteurs identifiés dans les 13 Groupes thématiques PTF.
49. La réorganisation des groupes PTF (Cf. Annexe 4) a permis d'aboutir à 13 Groupes
Thématiques , dont 10 sectoriels et 3 transversaux. Les groupes sectoriels recouvrent :
(i) Développement rural, (ii) Secteur privé et Micro Finances,
(iii) Décentralisation/Développement institutionnel, (iv) Justice, (v) Education, (vi) Santé,
(vii) Eau et Assainissement, (viii) Gestion macroéconomique, (ix) Processus démocratique et
société civile, (x) Développement des Infrastructures. Au niveau transversal, on a :
(i) Environnement/GRN, (ii) Genre, (iii) VIH/Sida.
50. Ces groupes thématiques servent de base pour le dialogue sectoriel avec le gouvernement
malien. La qualité du dialogue varie selon les secteurs. Malgré ces progrès, un travail
d'approche et de conviction reste à faire, notamment pour élargir le dialogue politique aux
donateurs non traditionnels. Par ailleurs un certain nombre de défis peuvent être soulignés :
- la nécessité permanente de l'alignement de ces groupes sectoriels sur la nomenclature
utilisée par le gouvernement dans le cadre du CSCRP et leur capacité à s'adapter aux
changements institutionnels au niveau du GdM
- la nécessité de poursuivre l'exercice de restructuration des GT des PTF et de leurs
modalités de dialogue avec le GdM en consultation avec le GdM (notamment sur la
nomination des Chefs de File et la nature de leurs mandats)
L'alignement et l'harmonisation des donateurs
51. Les PTF au Mali ont accompli des progrès en matière d'alignement et d'harmonisation de
leurs interventions. La signature de l'Accord cadre d'aide budgétaire en 2006 a été un facteur
catalyseur dans cette dynamique de coordination des donateurs. Elle a permis de conclure des
arrangements spécifiques appuis budgétaires en Education et Santé et de conclure un
arrangement spécifique appui budgétaire général en 2007. Huit (08) PTF font de l'appui
19
budgétaire (Pays Bas, Suède, CE, BAD, Banque Mondiale, France, Belgique, Canada) et trois
(03) nouveaux PTF se préparent à s'engager sur cette voie (Allemagne, Danemark et
Espagne).
52. Malgré ces efforts d'alignement et d'harmonisation, beaucoup reste encore à accomplir
par les PTF pour résolument changer leurs modes de faire, simplifier leurs procédures et
s'aligner sur les systèmes et procédures nationaux :
- Utilisation des systèmes nationaux : d'après les résultats de l'enquête OCDE 200810,
environ 35 % des apports d'aide des donneurs font appel au système national de passation
des marchés et au système de gestion des finances publiques. Il existe donc des marges
d'amélioration pour les PTF dans ce domaine. Le GdM devra poursuivre la mise en en
oeuvre des programme de reforme de la gestion des Finances publiques (PAGAM/GFP) et
corriger les faiblesses avérées de son système de passation des marchés et de son système
de contrôle.
- Prévisibilité : l'indicateur 7 de la Déclaration de Paris met l'accent sur la capacité de
l'administration d'enregistrer dans son système comptable les versements effectués au
titre de l'exercice budgétaire concerné, dont le niveau s'établit au Mali à 68 %. L'objectif
pour 2010 est fixé à 85 %
- Approche programme : la part de l'aide notifiée allouée au secteur public dans le cadre
d'approches fondées sur des programmes, et transitant à ce titre par des dispositifs
communs, est aujourd'hui relativement faible (41%). Les modalités d'aide
projet/programme classique restent prédominantes au Mali. Cet état de fait est toutefois
appelé à changer et l'objectif recommandé, à savoir porter à 66% les apports d'aide
fournis dans le cadre d'approches programme d'ici 2010, n'est pas irréaliste si les
initiatives actuelles sont menées à leur terme.
- Harmonisation des missions et travaux analytiques : le niveau de coordination des
missions effectuées par des donneurs est estimé à 23%. La réalisation conjointe de
travaux d'analyse est évaluée à 52%. Les progrès à ce niveau sont encore relativement
limités car ils demandent des changements dans les modes de faire actuels.
Gestion Axée sur les Résultats (GAR)
53. Le GdM a initié plusieurs travaux allant dans le sens d'une démarche de Gestion Axée sur
les Résultats (approche CDMT, budgets programmes, revues annuelles du CSLP, revues
sectorielles santé et éducation, revues de projets/revues de portefeuille). Enfin, depuis
l'adoption du premier CSLP 2002/2006, le GdM a conduit de concert avec les PTF des
travaux pour la mise en place d'un cadre d'évaluation conjointe du CSLP qui sera
opérationnel en 2008 pour l'évaluation du CSCRP 2007-2011. La mise en oeuvre de la
Gestion Axée sur les Résultats (GAR) reste contrainte par le contexte institutionnel de
l'administration publique, qui n'a pas encore complètement intégré la culture du résultat et
adapté en conséquence les règles et les systèmes d'incitation. Une autre contrainte reste la
faiblesse des systèmes statistiques de même que la diffusion et l'exploitation limitées des
données statistiques, Le gouvernement malien a adopté un Schéma Directeur de la Statistique
(SDS) dont la mise en oeuvre prochaine constituera une avancée majeure.
10 Données relatives à l'enquête OCDE 2008, Draft 1, chapitre Pays Mali, avril 2008
20
Le dialogue politique
54. Le dialogue politique avec le GdM se déroule au niveau global dans le cadre du suivi du
CSCRP à travers la Commission Mixte. La Commission mixte, malgré les progrès réalisés
pour la tenue régulière de ses rencontres, n'a pas encore réussi à devenir le cadre de dialogue
et de prise de décisions politiques tant souhaité par les PTF. La relecture du dispositif
institutionnel pour le suivi du CSCRP devrait permettre d'améliorer le fonctionnement de la
Commission Mixte et des cadres de suivi du CSCRP. Les PTF envisagent aussi la mise en
place d'un cadre de dialogue de haut niveau politique avec le Premier Ministre pour traiter des
questions relatives à la gouvernance. Au niveau sectoriel, on note une faiblesse du leadership
du GdM dans la coordination des PTF et l'organisation du dialogue politique. L'Education, la
Santé et le panel Décentralisation apparaissent comme les plus avancés. Dans certains
secteurs la faiblesse du dialogue empêche l'élaboration d'une réponse cohérente et concertée
de la part des PTF afin de mieux appuyer le GdM dans ses priorités et de répondre
efficacement aux nouveaux défis. Il s'agit en particulier des secteurs clé pour la croissance
que sont le Développement Rural, les Transports et le Secteur Privé qui n'ont pas encore
réussi à développer de véritables approches sectorielles.
55. L'une des conséquences de la faiblesse des cadres conjoints de dialogue est la poursuite
parallèle des cadres de dialogue bilatéraux. Par ailleurs, la forte présence des PTF dans les
espaces de dialogue politique avec le gouvernement pourrait conduire, si l'on y prend garde, à
réduire celle des autres familles d'acteurs (Société Civile, Collectivités Territoriales, Secteur
Privé, Parlement) dans leurs interactions avec le gouvernement. Un positionnement judicieux
du dialogue politique des PTF dans le contexte des mécanismes démocratiques de
responsabilisation du pays s'avère important.
Responsabilité mutuelle
56. La responsabilité mutuelle dans l'atteinte des objectifs de développement est l'un des
principes forts de la Déclaration de Paris. Au Mali, les espaces de dialogue politique actuels
sont plutôt centrés sur la responsabilité du GdM dans la mise en oeuvre des reformes. Il n'a y a
pas encore véritablement de cadres de responsabilité mutuelle permettant également au GdM
d'interpeller les PTF sur la mise en oeuvre de leurs engagements. Le plan d'action efficacité
de l'aide qui met en avant les responsabilités partagées du GdM et des PTF dans l'efficacité
globale de l'aide constitue un processus à même de favoriser une telle responsabilisation
mutuelle. La préparation de la SCAP intégrera cette dimension dans son dispositif de suivi.
57. Le GdM vient d'adopter en 2007 un plan d'action efficacité de l'aide qui reprend ses
engagements et ceux des PTF pour la mise en oeuvre de la déclaration de Paris. Un Secrétariat
à l'Harmonisation de l'Aide a été également mis en place pour le suivi et la mise en oeuvre du
plan d'action. Un Pool Technique a été aussi mis en place au niveau des PTF pour servir
d'interface avec le Secrétariat Harmonisation. Ces initiatives devraient permettre d'accomplir
des progrès substantiels si on parvient à les articuler avec le suivi du CSCRP dont le pilotage
revient à la Cellule CSCRP.
B. Objectifs et principes directeurs de la SCAP
Les objectifs partagés de la SCAP
58. L'objectif principal de la SCAP est d'appuyer le Mali dans l'atteinte des objectifs de sa
stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté en tant que première phase d'un plan
21
décennal pour l'atteinte des objectifs de développement du millénaire. La SCAP vise à
répondre aux objectifs spécifiques suivants :
a) Soutenir la mise en oeuvre du CSCRP en alignant les appuis des PTF sur les priorités
définies dans le CSCRP, le PDES et le plan décennal OMD
b) Améliorer l'efficacité et l'efficience globale de l'aide au GdM à travers :
-
une meilleure programmation et prévisibilité de l'aide internationale
-
un meilleur alignement sur les systèmes et procédures nationaux
-
une meilleure harmonisation et coordination de l'aide (procédures, modalités
et conditionnalités) afin de réduire les coûts de transaction pour le GdM
-
une complémentarité et division du travail plus poussée entre les PTF
-
un suivi conjoint des résultats du développement avec le GdM
c) Développer un cadre de dialogue plus efficace et partenarial avec le GdM en
améliorant les cadres et mécanismes de coordination/concertation existants
d) Développer une approche coordonnée pour le renforcement des systèmes/procédures
et des capacités nationales
e) Faire évoluer le cadre institutionnel vers un niveau assurant une bonne gouvernance
du processus SCAP basé sur l'échange d'informations, le dialogue continu, la
participation des différentes familles d'acteurs et la transparence dans la prise de
décisions.
Les principes directeurs
59. L'atteinte de ces objectifs se fera dans le cadre d'un engagement des PTF à :
a) S'appuyer sur les cinq principes généraux de la déclaration de Paris (appropriation,
alignement, harmonisation, gestion axée sur les résultats, responsabilité mutuelle).
b) S'inscrire dans le cadre unique de référence qu'est le CSCRP dont les priorités
majeures ont été reprises dans le PDES et stimuler l'appropriation nationale. La
SCAP s'articule avec le Plan d'Action sur l'Efficacité de l'Aide du GdM.
c) Appuyer le GdM dans son rôle de leadership et promouvoir l'appropriation nationale
qui sont essentiels pour la mise en oeuvre de la SCAP.
d) Appuyer les dynamiques nationales portées par les différentes familles d'acteurs
dans le respect du principe d'appropriation nationale et des rôles et responsabilités
de chaque acteur en reconnaissant l'importance clef des acteurs non étatiques
(Collectivités, Parlement, Société Civile, Secteur Privé). Ils chercheront à impliquer
donc tous les autres acteurs pertinents dans le dialogue sur la mise en oeuvre de la
SCAP.
e) Inscrire la SCAP dans un processus itératif et adaptatif qui permettra d'opérer
régulièrement les ajustements en fonction de nouvelles priorités et de leçons apprises
dans sa mise en oeuvre.
Le programme des PTF pour soutenir les orientations stratégiques du CSCRP
60. La couverture des différentes orientations stratégiques du CSCRP est résumée dans la
matrice de complémentarité (annexe 2) élaborée par les PTF dans le cadre de l'exercice de
22
division du travail qui a été conduite lors de la préparation de la SCAP. Des domaines de
concentrations ont été définis pour couvrir tous les axes d'interventions prioritaires, secteurs
et sous-secteurs du CSCRP. Ils sont regroupés par orientation stratégique et ont fait l'objet
d'affectation dans des cadres de concertation que sont les groupes thématiques.
Contribuer à l'augmentation des revenus à travers le soutien du développement des
infrastructures et des secteurs productifs
61. L'essentiel des appuis des PTF reste aligné sur les priorités du GdM dans ce secteur.
Ainsi :
-
Au niveau du secteur agricole, il s'agira d'accompagner la mise en oeuvre de la LOA.
Les appuis porteront essentiellement sur la mise en place d'infrastructures rurales pour
développer la productivité dans le secteur agricole à travers l'aménagement des terres
et le renforcement des programmes d'irrigation y compris petite irrigation, des appuis
aux filières, l'appui à la diversification agricole et à la commercialisation, (riz, blé,
maraîchage), le renforcement des capacités et l'appui à l'amélioration des systèmes
d'exploitation. L'appui au Schéma Directeur de la zone Office du Niger et au secteur
coton seront au coeur des interventions des PTF. Les instruments importants
considérés à ce niveau portent essentiellement sur l'aide projet et programme
classique. Toutefois, les PTF vont considérer l'expérimentation d'une approche
sectorielle pour le secteur rural autour de la LOA.
-
Au niveau de la sécurité alimentaire, les interventions des PTF vont porter sur deux
niveaux : i) Renforcement du système national de prévention et de gestion des crises
alimentaires et autres catastrophes naturelles (mécanismes de coordination, système
national d'évaluation, plans stratégiques de prévention,..) ; ii) Amélioration de la
production agroalimentaire à court et moyen termes à travers des appuis au
Programme National pour la Sécurité Alimentaire (PNSA), plan stratégique national
pour la sécurité des aliments, système national de normalisation et de certification
dans le domaine agroalimentaire. Les interventions se feront essentiellement sous
forme d'aide projet/programmes.
-
Au niveau des infrastructures de transport, les objectifs visés sur ce volet portent sur
le désenclavement interne et externe du Mali et son intégration au marché régional et
global à travers l'efficience des opérateurs de transport (route, train, aéroport). Le
désenclavement prendra en compte les zones rurales et les Régions du Nord et du
Delta à travers la réalisation d'infrastructures routières en milieu rural. Les appuis
s'inscriront dans le cadre du Programme Sectoriel Transport. Les PTF envisagent
également à ce niveau de développer une approche sectorielle pour leurs interventions.
L'appui des PTF sera sous tendu par un dialogue politique sur le cadre réglementaire
(charge aux essieux, mesures fiscales), l'amélioration de l'entretien du réseau à travers
l'appui à la mise en place du Fonds d'Entretien Routier (FER), et enfin l'amélioration
de la performance du secteur des transports à travers une amélioration des
performances de l'autorité de régulation.
Accompagner les réformes structurelles pour soutenir la croissance économique
62. La Gouvernance et les reformes structurelles constitueront un domaine important
d'interventions des PTF. Les domaines privilégiés par les appuis des PTF portent sur les
secteurs Décentralisation/Développement/ institutionnel et reformes de l'Etat, environnement
des affaires. Un accent sera mis sur les secteurs de la justice, le secteur financier et la micro
finances même si les niveaux de financement restent relativement faibles.
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